Le continent nord-américain représentera suite à l’intégration de cette acquisition un peu moins du tiers du volume d’activités global de Capgemini. Celui-ci paie x15 à x16 l’EBITDA pour mettre la main sur WNS, c’est-à-dire une légère prime par rapport à sa valorisation de x11 à x13 l’EBITDA depuis douze mois, mais nettement moins que sa moyenne à cinq ans de x18 l’EBITDA.
Autrefois valorisé à un multiple supérieur à ses pairs, à l’instar de EXL, l’ancienne filiale de British Airways a décroché ces derniers temps, et vu sa valorisation s’ajuster sur la moyenne du secteur. Le groupe avait mis à profit ce soudain désamour des investisseurs pour lancer un programme de rachats d’actions.
En matière de valorisation par le profit cash, dit aussi cash-flow libre, Capgemini paie x33 fois ce dernier pour acquérir WNS. Le groupe indien dit s’attendre à une croissance comprise entre 7% et 11% sur l’année fiscale en cours ; il sera intéressant de vérifier ces promesses à échéance.
La dynamique des dernières années prête en effet à interrogation, sinon à suspicion. Malgré une croissance du chiffre d’affaires de 42% sur la période, le cash-flow stagne depuis six ans ; il enregistre même une légère décroissance, la faute sans doute à une concurrence féroce tant des semblables indiens que des grands groupes de conseil internationaux.
Le marché, on le voit, réagit d’ailleurs assez mal à la nouvelle puisque le titre Capgemini perdait plus de 5.5% en début d’après-midi. Comme Zonebourse le rappelait récemment, le groupe français poursuit depuis quelques années une stratégie de croissance externe très agressive dont la création de valeur reste sujette à caution.



















