Alors que tout le monde s’attendait à des baisses de taux au début de l’année, la Fed se rapproche de plus en plus d’une hausse de taux en 2026.
Vendredi, les marchés américains ont fortement corrigé après la publication de chiffres de l’emploi bien plus élevés qu’attendus, qui ont relancé les paris sur les hausses de taux de la Fed.
En mai, l’économie américaine a créé 172 000 emplois. C’est bien plus que les 85 000 attendus par le consensus. Le taux de chômage reste lui à 4.3%.
Alors que les inquiétudes sur la santé du marché de l’emploi étaient grandes en fin d’année dernière, ce rapport confirme l’embellie observée depuis quelques mois. En 2025, l’économie américaine a créé seulement 15 000 emplois en moyenne chaque mois. Ce chiffre est remonté à 114 000 sur les 5 premiers mois de l’année.

Conclusion pour la Fed : le marché de l’emploi se porte bien, il faut désormais se concentrer sur l’inflation. En début d’année, la Fed anticipait un reflux progressif de l’inflation vers son objectif de 2%. Mais la guerre en Iran et la flambée des prix de l’énergie ont cassé la tendance désinflationniste. Le CPI du mois de mai, qui sera publié demain, est attendu à 4.2%, soit le chiffre le plus élevé depuis mai 2023.
Au cours des dernières semaines, plusieurs responsables de la Fed ont ainsi ouvert la porte à une hausse des taux d’intérêt. "Si les tendances récentes se poursuivent, il pourrait bientôt être approprié d'agir", a par exemple déclaré la semaine dernière la présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, Beth Hammack.
Le débat porte donc désormais sur les hausses de taux. Selon l’outil FedWatch du CME, les marchés anticipent désormais une hausse de taux d’ici à la fin de l’année. Les banques de Wall Street continuent, elles, à parier majoritairement sur un statu quo.
Et pourtant, la Fed a toujours un biais accommodant. En effet, la Fed indique dans son communiqué que le prochain mouvement sera une baisse de taux. Le maintien du biais accommodant lors de la dernière réunion a été une surprise pour la plupart des observateurs. Trois membres de la Fed se sont opposés à cette décision.
Compte tenu des données publiées ces dernières semaines, la Fed n’aura sans doute d’autre choix que d’abandonner ce biais accommodant la semaine prochaine. Une situation délicate pour Kevin Warsh qui présidera sa première réunion, alors que ce dernier a été nommé par Donald Trump pour baisser les taux.
Si le locataire de la Maison Blanche a exprimé sa confiance en Kevin Warsh ces dernières semaines, indiquant à plusieurs reprises qu’il ne chercherait pas à interférer dans ces décisions, on l’imagine mal rester silencieux si la Fed venait à remonter les taux.
Vendredi, il exprimait son mécontentement après la publication du rapport sur l’emploi. "De nos jours quand vous avez des bons rapports, le marché baisse parce qu’ils pensent qu’ils (la Fed) vont monter les taux", a-t-il déclaré lors d’une interview à NBC enregistrée vendredi. "Il n’y a aucune raison de relever les taux d’intérêt".
La Fed devrait selon toute vraisemblance opter pour le statu quo la semaine prochaine. Mais à mesure que l’inflation remonte et que la Fed laisse ses taux inchangés, la politique monétaire devient plus accommodante.




















