PARIS, 7 juin (Reuters) - Les Mirage 2000-5 que la France entend fournir à l'Ukraine seront "complètement opérationnels" et leur cession "n'abîmera" pas le "standard de Défense" de l'armée française, qui utilise notamment ces avions de chasse pour des missions de l'Otan, a déclaré vendredi Sébastien Lecornu.

Le ministre français des Armées s'est entretenu vendredi à Paris des modalités de cette cession, annoncée jeudi soir contre toute attente par Emmanuel Macron, avec le président ukrainien Volodimir Zelensky, qui effectue sa quatrième visite en France depuis l'invasion russe de février 2022.

Les autorités françaises refusent de préciser le nombre de chasseurs monoplaces qui seront alloués à Kyiv, et dont le pilotage nécessitera des sessions de formation auprès de l'armée ukrainienne. Emmanuel Macron a déclaré jeudi soir sur TF1 et France 2 que les pilotes ukrainiens seraient formés en France, ce qui devrait prendre plusieurs mois.

"L'urgence pour moi cet été - je discuterai avec le ministre de la Défense ukrainien - c'est de pouvoir très vite lancer la formation de pilotes et de mécaniciens", a dit Sébastien Lecornu à des journalistes à la suite d'une visite du quartier général des forces armées françaises avec Volodimir Zelensky.

Des formations ont déjà débuté en France, mais sur des Alpha Jet, biréacteur biplace.

Le ministre a précisé que la France céderait des aéronefs "complètement opérationnels".

"Ces Mirage qui servent aujourd'hui, l'armée de l'air s'en sert pour la police du ciel, elle s'en sert d'ailleurs pour effectuer des missions de police du ciel en Estonie, en Roumanie, dans les missions de l'Otan", a-t-il dit.

Ces avions, a-t-il expliqué, ont vocation à être retirés du parc français d'ici 2030, pour être remplacés par des Rafale.

"Cet effort important que nous faisons pour nos propres armées profite aussi indirectement aux Ukrainiens, sans pour autant abîmer notre standard de Défense", a expliqué Sébastien Lecornu.

"On ne donne pas évidemment de chiffre maintenant, aussi pour des raisons de secret, de confidentialité en tout cas, vis-à-vis de la Russie", a-t-il souligné.

Le président français a déclaré jeudi qu'"une coalition" serait bâtie "avec d'autres partenaires" en vue de la cession de ces avions. La Grèce, le Qatar et les Emirats arabes unis, notamment, utilisent des Mirage 2000-5, fabriqués par Dassault Aviation.

Le ministre des Armées s'est également refusé à dévoiler le nom des pays qui pourraient être concernés. "Vous voyez bien quels sont les pays qui peuvent être équipés d'avions de chasse français, donc ça donne un champ du possible", a-t-il dit.

L'armée de l'air ukrainienne, qui est équipée de MiG-21, avions de combat soviétiques, s'est également vu promettre des F-16 américains par plusieurs pays européens, dont la Belgique qui s'est engagée pour 30 avions. (Rédigé par Sophie Louet, avec Diana Mandia)