La France envisage des plans de restructuration pour EDF, criblée de dettes, qui comprennent une nationalisation complète suivie de la vente de ses activités dans le domaine des énergies renouvelables pour se concentrer sur l'énergie nucléaire, a rapporté BFM Business, citant des sources non identifiées. Le média a déclaré que le gouvernement travaillait avec la banque d'investissement Goldman Sachs sur plusieurs scénarios de restructuration.

La vente des activités liées aux énergies renouvelables pourrait rapporter 15 Mds€, selon des banquiers non identifiés, ajoutant que cela pourrait aider à financer la construction de six réacteurs nucléaires EPR de nouvelle génération. La vente pourrait susciter l'intérêt du groupe énergétique français Engie, dans lequel l'État détient une participation de 24 %.

Capacité renouvelable installée et production d'électricité d'EDF en 2021, le renouvelable représente 12,8% de la production totale (Source : document d'enregistrement 2021 d'EDF)

Un fonctionnaire du ministère des Finances a déclaré à Reuters qu'il n'y avait aucun projet de vente de la branche énergies renouvelables d'EDF, et a nié que le gouvernement envisageait de la céder à Engie. Le porte-parole a également noté les élections françaises en cours et a déclaré qu'aucune décision concernant EDF ne serait prise tant qu'un nouveau gouvernement ne serait pas en place.

"Nous pensons qu'Engie serait clairement intéressé car cela accélérerait sa croissance dans les énergies renouvelables. Cependant, alors que cela pourrait avoir du sens, cela reste jusqu'à présent un scénario de la presse", ont indiqué les analystes de JP Morgan dans une note. "Si nous pensons que tant (le président Emmanuel) Macron que (Marine) Le Pen sont favorables au nucléaire, ce qui sera décidé dépendra en fin de compte de l'issue des élections", ont-ils ajouté, en référence aux candidats confrontés à un second tour du scrutin présidentiel.

Goldman Sachs s'est refusé à tout commentaire. Engie n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Le 17 mars, lors de la présentation de son programme de réélection, M. Macron a déclaré aux journalistes que l'État, qui détient déjà plus de 80 % d'EDF, devait renforcer sa position dans le capital de l'entreprise. M. Macron a préconisé une restructuration d'EDF afin d'assurer l'avenir de son secteur de l'énergie nucléaire, endetté et à forte intensité de capital, à un moment où les pays occidentaux cherchent à réduire leur dépendance au gaz russe.