PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue en baisse jeudi et les Bourses européennes reculent à mi-séance dans un contexte de révision à la hausse des anticipations de remontée des taux d'intérêt après les chiffres supérieurs aux attentes des prix à la consommation aux Etats-Unis, tandis que que l'incertitude politique en Italie, les premiers résultats des grandes banques américaines et les craintes d'une récession incitent à la prudence.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 1,38% pour le Dow Jones, de 1,24% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,88% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 recule de 1,15% à 5.930,98 points vers 11h20 GMT. À Francfort, le Dax cède 1,08% et à Londres, le FTSE 100 abandonne 0,86%. À Milan, le FTSE-MIB perd 2,37%, la décision du Mouvement 5-Etoiles (M5S) de ne pas participer au vote de confiance au prévu dans la journée faisant craindre une chute du gouvernement conduit par Mario Draghi.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 reflue de 0,98%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,25% et le Stoxx 600 de 1,01%.

La Commission européenne (CE) a revu en baisse ses prévisions de croissance et en hausse celles de l'inflation, principalement en raison de l'impact de la guerre en Ukraine.

Aux Etats-Unis, après la hausse plus forte que prévu des prix à la consommation pour le mois de juin annoncée mercredi, les investisseurs attendent à 12h30 GMT les statistiques des prix à la production. Le consensus un léger ralentissement de la hausse en rythme annuel en juin, à 10,7% après 10,8% le mois précédent, mais une surprise reste possible.

Le choc provoqué mercredi par la forte hausse des prix à la consommation (+9,1% sur un an, au plus haut depuis 1981), a conduit certains investisseurs à anticiper un relèvement de 100 points de base le 27 juillet des taux de la Réserve fédérale américaine, un rythme rapide qui pourrait plonger l'économie en récession.

"La crainte d'une récession continue d'être au premier plan dans l'esprit des investisseurs", souligne Bert Colijn, économiste chez ING, qui note par ailleurs un décalage de plus en plus important entre la politique de la Banque centrale européenne (BCE), dont une première hausse de taux de 25 points de base est attendue la semaine prochaine, et celle de la Fed, qui a déjà relevé le coût du crédit de 150 points de base depuis mars.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

JPMorgan Chase, qui a fait état jeudi d'une baisse de son bénéfice trimestriel en raison notamment d'une hausse des provisions destinées à couvrir de possibles pertes liées aux risques accrus d'une récession, recule de près de 4% dans les échanges en avant-Bourse.

Dans son sillage, Wells Fargo, Goldman Sachs Group, Citigroup et Bank of America Corp refluent de 0,6% à 1,2%.

VALEURS EN EUROPE

En Europe, le compartiment du transport et des loisirs, qui a reflué mardi de près de 2%, est le seul en hausse avec un gain de 0,94%, tandis que de l'autre côté du spectre, les ressources de base (-2,5%), pénalisées par les inquiétudes sur la demande, accusent l'un des plus importants replis.

Dans l'actualité des résultats d'entreprise, Ericsson chute de 8%, les marges du groupe suédois au deuxième trimestre ayant souffert de la hausse des prix des composants et des coûts logistiques.

A la hausse, Swatch Group (+0,77%) est soutenu par la confirmation de ses perspectives annuelles, tandis que la banque suédoise SEB (+0,38%) profite d'un bénéfice trimestriel meilleur que prévu et le groupe de mode Hugo Boss (+3,42%) d'un relèvement de sa prévision de chiffre d'affaires annuel.

TAUX

Les rendements obligataires en Europe continuent de monter, tirés par les chiffres de l'inflation américaine et la perspective d'une hausse de 100 points des taux de la Fed.

Les marchés monétaires anticipent désormais un relèvement de 160 points de base des taux de la BCE d'ici la fin de l'année contre un 137 points mardi, selon les données de Refinitiv.

Le taux du Bund allemand à dix ans prend environ huit points à 1,228% et celui à deux ans 13,6 points à 0,581%, au plus haut depuis le 5 juillet.

En Italie, le rendement du dix ans s'envole de 22 points à 3,410% et celui à deux ans de 23 points à 1,311%, tandis que l'écart de rendement (spread) entre les obligations allemandes à dix ans et celles de l'Italie de même échéance monte à 220 points contre 207 mercredi, en réaction à la montée du risque politique à Rome.

rendement des bons du Trésor américain à dix ans gagne environ cinq points de base à 2,9614% et celui à deux ans plus de six points à 3,2089%, reflétant une inversion des courbes, signe d'un risque accru de récession à un horizon de deux ans.

CHANGES

Le dollar, soutenu par son statut d'actif refuge et les anticipations de remontée de taux aux Etats-Unis, avance de 0,74%, face à un panier de devises de référence et a inscrit un nouveau plus haut de près de 20 ans.

Contre la monnaie japonaise, le billet vert a touché un pic de 24 ans, au-dessus de 139 yens.

L'euro, qui est tombé brièvement mercredi en séance sous la parité avec le dollar, se traite à 1,001 (-0,5%).

PÉTROLE

Les cours pétroliers reculent dans la perspective d'une hausse des taux qui pourrait plonger l'économie en récession et peser sur la demande.

Le Brent abandonne 2,33% à 97,25 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,79% à 93,61 dollars.

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Marc Angrand)

par Claude Chendjou