Lagardère s'envole à Paris, dominant le SBF 120 de la tête et des épaules grâce à un gain de 8,49% à 24,54 euros. Le groupe d'édition et de distribution a confirmé ce matin les rumeurs de presse du week-end, selon lesquelles il envisagerait l'abandon du statut de société de commandite, qui permet à Arnaud Lagardère de garder le contrôle de l'entreprise fondée par son père en ne détenant que 7% des du capital. Une petite révolution alors que ce statut particulier est le sujet de vives critiques depuis plusieurs mois de la part de deux actionnaires majeurs: Vivendi et le fonds Amber.

"Lagardère SCA confirme qu'elle étudie actuellement un projet de transformation en société anonyme, au sujet duquel des discussions sont en cours entre elle et ses principaux actionnaires", a déclaré la société dans un bref communiqué. Elle ajoute qu'il n'y a aucune certitude "quant à l'aboutissement des discussions en cours", et ne commentera pas davantage les rumeurs.

Des rumeurs - apparues samedi 24 avril dans Les Echos - affirment que la fin de la structure de gouvernance en commandite devrait être actée par un conseil d'administration", qui aura lieu cette semaine. Le quotidien économique ajoute qu'Arnaud Lagardère deviendrait le PDG du groupe, rémunéré en actions, et qu'il pourrait doubler sa participation, pour la porter à 14%, en échange de cette modification de statut.

Dimanche, Reuters a apporté de nouveaux éléments en affirmant qu'Arnaud Lagardère, Bernard Arnault et Vincent Bolloré aurait conclu un "projet d'accord" afin que l'abandon de la commandite soit accompagné d'une clause de non-démantèlement de Lagardère pendant une période cinq ans. Rien ne serait signé et le conseil d'administration de la société d'édition et de médias est censé avoir lieu ce lundi.

L'avenir du groupe Lagardère est l'objet de nombreuses tractations depuis plusieurs mois, ainsi que d'un jeu d'influence qui remonterait jusqu'aux plus hautes sphères de l'Etat. En effet, les inquiétudes se tournent en particulier sur le sort que pourraient connaître les puissants médias contrôlés par le groupe, tels que la radio Europe 1, le journal le JDD ou encore le magazine Paris Match. Ceci à un an de la présidentielle de 2022, qui devrait voir s'affronter une nouvelle fois Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

En septembre dernier, Bernard Arnault, réputé proche du président français, avait augmenté sa participation dans le groupe créé par Jean-Luc Lagardère, avec qui il était ami, après que Vivendi, détenu par Vincent Bolloré, et le fonds activiste Amber Capital (actionnaires de Lagardère à hauteur de 27% et 20% respectivement) aient saisi le Tribunal de Commerce de Paris pour demander une assemblée générale anticipée. Requête qui avait finalement été rejetée.