Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris a terminé en repli de 0,57% jeudi, avec les baisses de quelques poids lourds et après sa nette progression depuis le début de semaine à la suite du ralentissement de l'inflation américaine.

L'indice vedette CAC 40 a reculé de 41,21 points pour finir à 7.168,40 points. Sur la semaine, il progresse encore toutefois de 1,75%.

La nette baisse des deux poids lourds de la cote, LVMH (-1,79%), après des résultats décevants du groupe du luxe britannique Burberry, et TotalEnergies (-2,64%), avec le repli des prix du pétrole, a pesé sur la performance d'ensemble.

Les investisseurs n'ont pas eu de données économiques de premier plan, restant dans la séquence initiée par l'inflation américaine mardi.

Avec le ralentissement un peu plus fort que prévu, "le marché évoque des baisses de taux directeurs de la banque centrale américaine dès mars", observe Samy Chaar, chef économiste de Lombard Odier, pour qui ce calendrier est trop prématuré compte tenu de la vigueur de l'économie américaine.

Jeudi, les indicateurs économiques ont dressé le tableau d'une économie américaine qui ralentit: le département du Travail américain a dévoilé des demandes hebdomadaires d'allocations d'emplois en plus forte hausse qu'attendu à 231.000 (+13.000), un sommet depuis 12 semaines.

La production industrielle a elle reculé plus que prévu.

Ce ralentissement va encore dans le sens de la politique voulue par la Banque centrale américaine, et après leur rebond mercredi, les taux d'intérêt des emprunts des Etats sont repartis en nette baisse jeudi : l'intérêt de l'emprunt à échéance à 10 ans pour l'Etat français se négociait à 3,15%.

L'évolution des politiques des banques centrales, et notamment le taux directeur, "vont continuer à faire les marchés" sur la fin 2023 et en 2024, a résumé M. Chaar en présentant ses perspectives pour les prochains mois.

Le luxe mal en point

Tout le secteur du luxe en Europe était pénalisé par le britannique Burberry, qui dévissait de près de 10% à Londres, après avoir annoncé un recul de 18% de son bénéfice au premier semestre de son exercice décalé, avertissant d'un "ralentissement dans la demande mondiale de luxe" qui pourrait l'empêcher d'atteindre ses prévisions annuelles.

LVMH a lâché 1,79% à 706,10 euros, Kering 2,69% à 399,10 euros, Hermès 0,41% à 1.923 euros.

Vallourec salué

Le groupe de tubes d'acier sans soudure, sorti en début d'année d'une lourde restructuration, a annoncé réviser à la hausse ses perspectives pour 2023, notamment porté par la "solide performance opérationnelle du groupe", dans un communiqué publié jeudi. L'agence S&P a amélioré la note de crédit du groupe peu après.

Son action a pris 5,20% à 13,15 euros.

Alstom repart

Le constructeur ferroviaire Alstom a pris 4,40 euros à 12,57 euros, rebondissant après sa chute de 15% mercredi à la suite de ses résultats trimestriels. Les investisseurs avaient notamment été inquiets de la perspective d'une augmentation de capital. Sur la semaine, il perd encore plus de 4%.

Edenred, sanction confirmée

Les sociétés émettrices de titres-restaurant se sont bien rendues coupables de pratiques anticoncurrentielles a tranché la Cour d'appel de Paris jeudi, confirmant les sanctions de l'Autorité de la concurrence en 2019.

Edenred, le plus lourdement sanctionné, a reculé de 2,11% à 49,65 euros. L'entreprise a annoncé son intention de se pourvoir en cassation.

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