Stuttgart (awp/afp) - Le constructeur allemand de voitures haut de gamme Mercedes-Benz a annoncé jeudi avoir dégagé un bénéfice net annuel en baisse en 2023, en raison de la stagnation des ventes de voitures et prévoit peu d'amélioration pour l'année en cours.

Le bénéfice net du constructeur a baissé de 1,9% sur un an à 14,53 milliards d'euros (13,8 milliards de francs suisses), a indiqué le groupe. C'est un peu mieux que ce que prévoyait le consensus des analystes de Factset qui tablait sur un bénéfice de 13,868 milliards d'euros.

"Les effets favorables liés aux prix nets, à la baisse des prix des matières premières et à l'amélioration des coûts de fabrication ont été contrebalancés par la hausse des taux d'inflation et des coûts liés à la chaîne d'approvisionnement", a commenté le groupe dans un communiqué.

L'année s'est terminée sur un bénéfice net en forte baisse de 21,5%, à 3,1 milliards d'euros entre octobre et décembre.

Le chiffre d'affaires annuel a lui augmenté de 2,1%, à 153,22 milliards d'euros avec un quatrième trimestre en repli de 1,8%.

Mais Mercedes rappelle que ses ventes globales en volume ont stagné en 2023.

Le groupe de Stuttgart a vendu seulement 1,5% de véhicules en plus, surtout dans son segment le plus abordable (+4%). Les ventes de voitures de son segment principal ("core"), qui représente plus de la moitié des ventes, a lui baissé de 2%.

Les livraisons de voitures de luxe, qui permettent de réaliser les meilleures marges, ont stagné, alors que Mercedes a choisi ces dernières années de concentrer sa stratégie sur l'offre de ses véhicules les plus chers.

En parallèle, les livraisons de voitures électriques, plus coûteuses à produire, ont augmenté de 61%. Elles ont représenté 12% de l'ensemble des ventes de la division automobile.

En Chine, le premier marché des constructeurs allemands, où Mercedes a livré plus du tiers de ses voitures, les ventes ont baissé de 2%. Le groupe y affronte la concurrence acharnée de constructeurs chinois de mieux en mieux placés, et de l'Américain Tesla qui mène une guerre des prix.

Le groupe a atteint son objectif de rentabilité pour les voitures (entre 12 et 14%), à 12,6%, en baisse de 2 points sur un an.

La rentabilité des vans, de 15,5%, en hausse de 4,5 points, a dépassé les objectifs.

Le groupe s'attend à une année maussade en 2024, avec des ventes unitaires "au même niveau" que cette année. Il prévoit une baisse de la rentabilité des voitures, entre 10 et 12%.

"La situation économique et les marchés automobiles continuent d'être caractérisés par un niveau exceptionnel d'incertitude", explique le communiqué.

"Des développements inattendus pourraient survenir, en particulier à cause d'évènements géopolitiques et de politiques commerciales", ajoute-t-il, citant le "conflit au Moyen-Orient", la guerre en Ukraine ainsi que "l'exacerbation des tensions entre la Chine et les Etats-Unis" et la "détérioration des relations entre l'Union européenne et la Chine".

afp/al