(Très en phase avec l'actualité du moment, cet article, publié une première fois en mai, vous est proposé de nouveau aujourd'hui. ) Malgré les nombreuses restrictions, les contrôles et tout ce qui s'ensuit, la Chine arrive toujours à se fournir en puces dédiées au développement de l'intelligence artificielle.
Nous avons déjà longuement abordé les restrictions américaines sur l’exportation des puces IA, notamment celles de Nvidia, vers la Chine. Sans revenir sur tous les détails, leur objectif est clair : freiner le développement technologique chinois, notamment en IA, que les États-Unis considèrent comme potentiellement dangereux sur le plan militaire. On adhère ou non à ce postulat, mais une chose est sûre : malgré ces restrictions, des IA comme DeepSeek ont vu le jour. Et elle n’est pas seule. Tencent, Alibaba ou Baidu, de nombreuses entreprises chinoises ont lancé leurs propres agents conversationnels, à des niveaux de performance qui posaient question. Désormais, plus de doute possible : ces groupes se sont procuré des semi-conducteurs pourtant censés leur être inaccessibles.
Il y a toujours une solution
C’est ce que la Chine a démontré, encore et encore : il y a toujours une solution. Les entreprises locales ne manquent ni d’ingéniosité, ni de réseaux pour s’octroyer les technologies interdites. Parmi les méthodes désormais bien connues, on retrouve l’achat via sociétés écrans, TSMC avait notamment écopé d’une amende d’un milliard de dollars pour avoir vendu des puces 7 nm à une filiale obscure de Huawei, ou encore la location de serveurs situés à la frontière de Singapour, région dense en infrastructures IA.
Autre technique, tout aussi créative : dans un post très documenté sur les nouvelles puces Huawei (on vous parle de ces puces ici), le cabinet spécialisé SemiAnalysis expliquait comment la firme chinoise réussit à obtenir les très convoitées mémoires HBM (High Bandwidth Memory). Les boîtiers bruts étant interdits d’export, des fournisseurs les encapsulent sommairement avec des processeurs bas de gamme en 16 nm, une pratique parfaitement légale. Il ne reste alors plus qu’à dessouder proprement les deux composants pour extraire la précieuse mémoire.
Plus récemment, The Economist a publié un article fouillé sur le sujet, décrivant un véritable marché gris qui transiterait par Singapour et la Malaisie. Les puces passeraient entre plusieurs sociétés écrans avant d’être revendues en Chine avec une marge de 30 à 50% sur le prix initial. Une arrestation en Malaisie de contrebandiers, combinée à la forte hausse des exportations singapouriennes depuis les restrictions, conforte cette hypothèse.
Cette deuxième option semble étonnante, mais n’est pas à exclure. Avec les discussions en cours entre Washington et Pékin pour détendre un peu l’atmosphère, une levée partielle, voire complète, des restrictions pourrait être présentée comme un geste diplomatique. D’autant que, sur le terrain, Nvidia a déjà reconnu que tracer ou désactiver ses puces a posteriori serait techniquement et légalement complexe. Et la Chine l’a prouvé : quoi qu’il arrive, elle trouvera un moyen de s’approvisionner.
La conclusion de The Economist résume bien l’enjeu : “Si l’Amérique veut garder une longueur d’avance sur la Chine dans la course à l’IA, elle devra innover plus rapidement, plutôt que de sévir plus durement.”
NVIDIA Corporation est le n° 1 mondial de la conception, du développement et de la commercialisation de processeurs graphiques programmables. Le groupe développe parallèlement des logiciels associés. Le CA par famille de produits se répartit comme suit :
- solutions informatiques et de mise en réseau (89%) : plateformes et infrastructures de centres de données, solutions d'interconnexion Ethernet, solutions calcul haute performance, plateformes et solutions pour véhicules autonomes et intelligents, solutions pour l'infrastructure d'intelligence artificielle d'entreprise, processeurs d'extraction de crypto-monnaies, cartes informatiques embarquées pour la robotique, l'enseignement, l'apprentissage et le développement de l'intelligence artificielle, etc. ;
- processeurs graphiques (11%) : destinés aux ordinateurs, aux consoles de jeux, aux plateformes de diffusion en direct de jeux vidéo, aux stations de travail, etc. (marques GeForce, NVIDIA RTX, Quadro, etc.). Le groupe propose également des ordinateurs portables et de bureau, des ordinateurs de jeu, des périphériques pour ordinateurs (moniteurs, souris, manettes de jeux, télécommandes, etc.), des logiciels pour l'informatique visuelle et virtuelle, des plateformes pour les systèmes d'info-divertissement automobiles et des plateformes de collaboration dans le cloud.
Le CA par secteur d'activité se ventile entre stockage de données (88,3%), jeux (8,7%), visualisation professionnelle (1,4%), automobile (1,3%) et autres (0,3%).
La répartition géographique du CA est la suivante : Etats-Unis (46,9%), Singapour (18,2%), Taïwan (15,8%), Chine et Hong Kong (13,1%) et autres (6%).
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Investisseur
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Globale
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Qualité
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ESG MSCI
ESG MSCI
Le score ESG MSCI évalue la performance environnementale, sociale et de gouvernance d’une entreprise selon la méthodologie de MSCI. Il positionne l’entreprise par rapport à ses pairs sectoriels sur une échelle allant de CCC (très faible) à AAA (excellente). Ce score est utilisé par les investisseurs pour intégrer les critères extra-financiers dans leurs décisions.