Prenons à cette fin le cycle décennal 2015-2024, prospère dans l’ensemble même s’il fut ponctué par un bref hiver nucléaire au début de la pandémie du Covid. 

Première constatation : le chiffre d’affaires passe de €9.6 à €16 milliards entre le début et le terme de la période, soit une croissance annualisée de 5.8% ; tandis que le profit cash, ou cash-flow libre, passe lui de €1.2 à €2.1 milliards, soit une croissance annualisée de 6.4%.

Comme le nombre de titres en circulation — sur une base diluée — augmente de 226 à 254 millions en dix ans, la croissance du profit cash par action est un peu moins reluisante : il atteignait €5.2 en 2015 contre €8.1 en 2024, soit une croissance annualisée de 5%.

Au corps défendant de Publicis, sa performance en la matière demeure très nettement supérieure à celles observées chez ses grands rivaux Omnicom et WPP, où les cash-flows libres par action ont stagné voire régressé sur la période malgré des rachats d’actions soutenus. 

En matière d’allocation du capital, les analystes de Zonebourse calculent que Publicis a généré en agrégat €18 milliards de cash-flow libre sur les dix derniers exercices annuels. En arrondissant, €10 milliards ont été investis en acquisitions, €5 milliards ont été retournés aux actionnaires, €2 milliards ont servi au désendettement, tandis que le milliard restant s’est empilé au bilan. 

Concernant les €5 milliards retournés aux actionnaires, ils l’ont été aux quatre-cinquièmes via des dividendes, et pour le cinquième restant via des rachats d’actions — qui on l’a vu n’ont pas suffi à compenser l’augmentation du nombre de titres en circulation.

Concernant les €10 milliards investis en acquisitions, si l’on prend l’hypothèse qu’il n’y a eu aucune croissance organique sur la période, ils ont assuré un rendement de 9%-10% — correspondant à l’augmentation du cash-flow libre consolidé, passé on l’a dit de €1.2 à €2.1 milliards. 

Si l’on procède au même calcul en tenant compte d’une croissance organique positive, la création de valeur sur cette stratégie de croissance externe apparaît somme toute assez limitée.