L’an passé, Renault faisait partie des rares constructeurs à ne pas avoir abaissé ses prévisions malgré un marché européen à la limite de l’implosion. Celui-ci est plombé par l’érosion du pouvoir d’achat, les retombées des tensions commerciales, et surtout, par la pression de plus en plus forte de la concurrence asiatique.
Ce matin, Renault a donc revu ses ambitions à la baisse en marge de la publication de ses résultats préliminaires pour le premier semestre. Le calendrier tombe mal : le départ de Luca de Meo, il y a à peine un mois, avait déjà porté un premier coup au moral des investisseurs.
Le mois de juin, en particulier, s’est révélé compliqué. Les ventes au détail (particuliers et professionnels) sont à la traîne et le segment des véhicules utilitaires reste en retrait.
Le directeur général par intérim, Duncan Minto (jusqu’ici directeur financier), anticipe désormais une marge opérationnelle d’environ 6,5 %, contre un objectif précédent d’au moins 7 %. Le free cash-flow est attendu entre 1 et 1,5 milliard d’euros contre 2 Mds€ précédemment.
Tout n’est cependant pas à jeter. Renault reste moins exposé que certains concurrents aux droits de douane et à la Chine. La direction table aussi sur une amélioration des performances au second semestre. Pour cela, il faudra impérativement relancer les utilitaires, assurer le succès des derniers lancements et maintenir une discipline stricte sur les coûts. L’identité du futur PDG jouera également un rôle-clé dans la poursuite ou le renforcement de la stratégie Renaulution impulsée par Luca de Meo. Enfin, le mauvais parcours du titre ces dernières semaines rend les chances d’une vente d’actions détenues par Nissan moins probable.
Enfin, la forte dépendance au marché européen (près de 80 % du chiffre d’affaires) peut, dans le contexte actuel, s’avérer être un atout, en particulier face aux barrières commerciales voulues par Donald Trump.
À noter que Stellantis subit lui aussi les conséquences du profit warning de son concurrent. Le groupe franco-italien est très présent sur le segment des véhicules utilitaires. Son titre perd environ 4%.





















