par Tommy Wilkes

LONDRES, 29 novembre (Reuters) - Quatre grandes banques, dont Société Générale, ont quitté l'initiative "Science Based Targets" (SBTi) soutenue par les Nations unies visant à examiner les objectifs climatiques fixés par les entreprises, selon des sources au fait du dossier.

Ces banques, parmi lesquelles figurent aussi Standard Chartered, HSBC et ABN Amro, ont renoncé à faire valider leurs objectifs par la SBTi car elles redoutent que cela n'entrave leur capacité à continuer de financer les combustibles fossiles, ont indiqué les sources.

Certaines banques ont également exprimé leur inquiétude quant à la difficulté de répondre aux exigences de la SBTi en matière de fixation des objectifs d'émissions de gaz à effet de serre, ont ajouté les sources.

Pour justifier leur départ, qui s'est produit séparément au cours de l'année écoulée, certaines banques ont invoqué leur appartenance à un autre groupe soutenu par les Nations unies, l'alliance Net-Zero Banking (NZBA). Celle-ci est moins restrictive et permet aux banques de continuer à financer les combustibles fossiles à condition qu'elles progressent dans la réduction de leurs émissions.

De nombreux établissements bancaires estiment qu'il est encore nécessaire de financer les combustibles fossiles tant que les économies en dépendent.

Le départ de ces quatre banques met en difficulté la SBTi, la norme la plus largement adoptée au monde pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Lancée en tant qu'organisation à but non lucratif, la SBTi a certifié les objectifs d'émissions de près de 4.000 entreprises dans le monde comme étant conformes à l'Accord de Paris sur le climat visant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius.

La SBTi prévoit de lancer en 2024 une nouvelle norme qui s'appliquera spécifiquement aux institutions financières qui devront cesser de financer tout nouveaux projets liés aux combustibles fossiles.

Une restriction trop lourde pour Standard Chartered. Un porte-parole de la banque a confirmé que le groupe avait quitté la SBTi, estimant que la norme proposée ne prenait pas suffisamment en compte "la transition (vers l'abandon des combustibles fossiles) de nos clients et de nos marchés".

Un porte-parole de HSBC a pour sa part indiqué que la banque fixait ses objectifs en matière d'émissions conformément aux directives de la NZBA.

Du côté d'ABN Amro, un porte-parole a fait savoir que la banque avait quitté la SBTi et restait membre de la NZBA.

Société Générale n'a pas souhaité faire de commentaires.

D'autres grandes banques européennes qui ont signé la SBTi en restent membres. C'est le cas de Crédit Agricole, ING, BBVA et Swedbank, qui ont toutes déclaré à Reuters être attachées à la validation par la SBTi de leurs objectifs en matière d'émissions.

BNP Paribas n'a pas répondu aux demandes de commentaires sur son statut SBTi.

Aucune grande banque américaine n'a rejoint la SBTi, préférant les normes plus faciles à respecter de la NZBA. (Reportage Tommy Reggiori Wilkes à Londres, Blandine Hénault pour la version française, édité par)