Jusqu’ici produite uniquement au Japon, la GR Corolla, version sportive de la compacte à hayon, suscite un fort engouement en Amérique du Nord, que Toyota peine à satisfaire. À partir de mi-2026, le site britannique fabriquera environ 10 000 unités par an pour le marché Nord-américain, quand 8 000 étaient produites sur le sol japonais jusqu'alors. 

Ce choix stratégique permet à Toyota de mieux utiliser les capacités de l’usine britannique, sous-exploitées depuis le Brexit, tout en raccourcissant les délais de livraison. Il ne s'agit pas d'une réponse directe aux droits de douane imposés par Donald Trump, précisent des sources proches du dossier, mais plutôt d’une optimisation logistique.

Burnaston, qui assemble déjà la Corolla standard sur laquelle repose la GR, s’impose naturellement. Des ingénieurs japonais seront envoyés temporairement pour former les équipes locales.

La GR Corolla est assemblée sur une ligne spécifique à l’usine de Motomachi, au Japon, qui tourne à plein régime. En 2024, elle a produit 25 000 véhicules de la gamme GR. Vendue autour de 6 millions de yens (environ 36 800 euros), soit deux fois plus que la version standard, elle conserve un bon niveau de demande malgré la montée de l’électrification.

Même après le lancement de la production britannique, Motomachi continuera à desservir le marché japonais et d’autres destinations. Les usines américaines de Toyota, déjà saturées par la production d’hybrides, ne sont pas concernées par ce transfert.

Toyota entend absorber les surcoûts liés aux droits de douane sans les répercuter sur les clients. Rappelons que les États-Unis appliquent un droit d’importation réduit à 10% pour les véhicules britanniques (dans la limite de 100 000 unités), contre 25 % pour ceux en provenance du Japon.

Toyota poursuit l’optimisation de sa production. Malgré une pression envisageable sur les marges cette année, la gamme GR reste un pilier stratégique et surtout, rentable.