PARIS (Agefi-Dow Jones)--Veolia devra céder des actifs de Suez réalisant entre 4 et 5 milliards d'euros de revenus annuels pour se conformer aux réglementations anti-concurrence et pouvoir racheter son concurrent, a indiqué lundi Antoine Frérot, le PDG du groupe de services aux collectivités.

Veolia a annoncé dimanche soir avoir soumis une offre à Engie pour lui racheter 29,9% du capital de Suez, son concurrent français, au prix de 15,50 euros par action. Dans le cas où le groupe énergétique accepterait de céder ce bloc, Veolia prévoit ensuite de lancer une offre publique d'achat sur le solde du capital de Suez.

Pour mener à bien cette opération, Veolia devra toutefois céder plusieurs activités, afin de satisfaire les exigences des autorités de la concurrence. "En termes de chiffre d'affaires, l'ordre de grandeur représenterait peut-être 4-5 milliards d'euros de cessions antitrust", a jugé Antoine Frérot, le PDG du groupe, lors d'une conférence de presse téléphonique.

L'essentiel de ces cessions se concentreraient en France où Veolia a déjà prévu de céder les activités Eau de Suez au fonds d'investissement spécialisé dans les infrastructures Meridiam. Antoine Frérot a indiqué que Veolia aurait également des cessions à opérer dans l'activité de gestion des déchets de Suez mais qu'il n'y aurait pas "de difficulté à les réaliser", étant donné la présence d'un grand nombre d'acteurs de taille moyenne sur ce marché prêts à s'en porter acquéreurs.

Hors de France, il y aurait " très peu de problèmes de concurrence" et les cessions ne concerneraient que "quelques installations dans un petit nombre de pays", a assuré le dirigeant.

Concernant le financement de l'opération, Antoine Frérot a expliqué que le rachat de la part de 29,9% du capital de Suez détenue par Engie serait financé en puisant dans la trésorerie de Veolia. Pour l'ensemble de l'opération, Antoine Frérot n'a pas indiqué la structure exacte du financement. Le PDG du groupe a expliqué que la société pourrait combiner différents outils tels que de la dette obligataire, de la dette hybride ou une augmentation de capital, et qu'elle comptait conserver un ratio de dette nette rapportée à l'Ebitda (excédent brut d'exploitation) sous le seuil de 3, une fois les synergies déduites.

A la Bourse de Paris, l'action Veolia réagit bien à ces annonces, gagnant 3,4% à 19,75 euros vers 12h15, tandis que Suez et Engie prennent respectivement 18,6%, à 14,52 euros et 6,4% à 11,85 euros. Les analystes de Bryan Garnier préviennent toutefois que "beaucoup de travail reste à accomplir [pour Veolia, NDLR] en termes de financement, d'intégration et de respect des réglementations antitrust".

Interrogé sur une possible opposition d'actionnaires activistes à l'opération, Antoine Frérot a rappelé qu'Amber Capital figurait au capital de Suez -avec moins de 2% des titres- et a estimé que ce projet d'offre "répondait un petit peu et même sérieusement aux souhaits d'un tel activiste qui voulait voir s'améliorer la valeur de Suez".

Antoine Frérot a par ailleurs indiqué qu'aucune décision n'avait été prise concernant le futur nom de la future entité combinée qui regrouperait Suez et Veolia.

-Julien Marion, Agefi-Dow Jones; +33 (0)1 41 27 47 94; jmarion@agefi.fr ed: DID

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