Les grands acteurs européens du secteur automobile accusent de fortes baisses ce jeudi. Stellantis, Volkswagen, BMW et Mercedes occupent les dernières places de l’Eurostoxx50, Stellantis et Renault sont lanternes rouges du CAC 40 tandis que Forvia et Opmobility ferment la marche du SBF120. Outre-Rhin, Porsche et Volkswagen figurent également parmi les plus fortes baisses du Dax, suivis de près par l’équipementier Continental. Le secteur accuse le coup après l'annonce hier de droits de douane européens contre les véhicules électriques importés de Chine.

Pour UBS, les conséquences positives des droits de douane européens seront "très limités voire inexistants" pour les grands acteurs européens. Il ajoute que la question est de savoir si la Chine ripostera en imposant des droits de douane plus élevés. Un tel scénario affecterait surtout Porsche, suivi de Mercedes, BMW et Volkswagen, précise-t-il.

Si les petits acteurs chinois "pourraient être découragés", ce ne serait pas le cas des leaders industriels, qui vont probablement accélérer la localisation de l'assemblage de leurs véhicules dans l'UE. Le broker a démontré qu'un acteur chinois de premier plan bénéficierait toujours d'un avantage de coût de 25 % par rapport aux anciens constructeurs européens, même après avoir localisé l'assemblage de la voiture en Europe de l'Est.

De plus pour les constructeurs chinois, les marchés mondiaux ont tendance à générer des marges plus élevées que le marché intérieur, ce qui leur permettra d'avoir recours à des baisses de prix pour "compenser partiellement l'impact des droits douane".

"Les droits de douane ne peuvent offrir qu'un répit temporaire et font peser le risque de représailles ", s'inquiétait déjà hier Benjamin Krieger, secrétaire général de la Clepa, qui représente les équipementiers au niveau européen. Il soulignait que  les véhicules électriques de fabrication chinoise "intègrent souvent de nombreux composants et technologies fabriqués par des équipementiers européens ".