"Les PMI de la zone euro ne sont pas à la hauteur des attentes. L'indice PMI de l'industrie manufacturière s'est encore contracté, tandis que l'indice PMI des services a chuté plus que prévu", réagit Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro Investment Solutions, après la publication, ce vendredi, des chiffres PMI de la zone euro pour le mois de juin 2024.

Avant de poursuivre : "Ces chiffres décevants sont dus à une détérioration marquée des indices PMI des deux plus grandes économies de la zone euro. Le PMI français, inférieur aux attentes tant pour les services que pour l'industrie manufacturière, reflète l'incertitude des entreprises à l'égard des prochaines élections législatives".

Christophe Boucher estime par ailleurs que la baisse du niveau de confiance liée à ces élections assombrit les perspectives de certaines entreprises qui craignent une détérioration de leur activité.

"Pas une bonne nouvelle pour la BCE"

Il ajoute que, si le ralentissement en France dû aux élections est temporaire, la forte baisse de l'activité manufacturière en Allemagne, qui rompt avec la tendance positive de ces derniers mois, est plus inquiétante.

"Ces chiffres PMI décevants suggèrent que la reprise de l'activité dans la zone euro sera très progressive", soutient-il, estimant qu'ils ne sont pas une bonne nouvelle pour l'inflation.

Christophe Boucher conclut son propos : "Alors que l'inflation est plus forte que prévu, la BCE a besoin de temps avant d'envisager une nouvelle baisse, et ces chiffres d'activité moins bons que prévu la mettent sous pression. Attention toutefois à ne pas surinterpréter cette baisse surprise : il est probable que l'activité rebondira au cours de l'été, une fois que la situation en France se sera normalisée, et aussi compte tenu du fait que les Jeux Olympiques devraient stimuler la consommation".

Selon lui, ces chiffres ne devraient pas précipiter la BCE à agir. Elle attendra d'avoir plus de visibilité sur les salaires et l'inflation avant de prendre une décision. Le directeur des investissements prévoit encore une ou deux baisses de taux cette année.