23 février (Reuters) - Après une semaine d'accalmie sur le front des statistiques économiques, les investisseurs auront de nouveau de quoi alimenter leurs paris avec une salve de données attendue dans les prochains jours sur l'inflation aux États-Unis, en zone euro et au Japon et sur les indices d'activité PMI en Chine.

Egalement au programme, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se réunira sur fond de tensions géopolitiques tandis que la guerre en Ukraine entre dans sa troisième année.

Tour d'horizon des perspectives des marchés pour les jours à venir:

1/ INDICATEUR CLÉ

Les dernières données montrent que l'économie américaine demeure solide malgré les taux restrictifs, incitant la Réserve fédérale à la prudence. La banque centrale a éloigné les perspectives d'une baisse de taux, soutenant dollar et rendements souverains.

Les économistes interrogés par Reuters s'attendent à une augmentation de l'inflation PCE de 0,3% sur un mois en janvier, après 0,2% le mois précédent. Un chiffre plus élevé que prévu pour l'indice des prix à la consommation pourrait forcer les opérateurs à revoir leurs anticipations d'assouplissement monétaire à la baisse.

L'indicateur d'activité manufacturier ISM et l'indicateur de sentiment du Michigan seront publiés vendredi.

2/ ÉQUILIBRE DES RISQUES

Les chiffres préliminaires de l'inflation en zone euro pour février sont attendus vendredi prochain, au lendemain de ceux pour la France et l'Allemagne. Ils devraient confirmer la poursuite du processus désinflationniste alors que les prix de l'énergie sont en baisse et que la croissance économique est anémique.

L'indicateur est d'autant plus important qu'il précède la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), le 7 mars.

Le vice-président de l'institution, Luis de Guindos, a déclaré qu'il faudrait du temps et davantage de données avant que les responsables de politique monétaire puissent affirmer que l'inflation est sous contrôle. Entre-temps, la croissance des salaires a ralenti mais demeure supérieure aux niveaux compatibles avec une inflation de 2%.

Trouver le bon moment pour procéder à la première baisse de taux risque de s'avérer compliqué pour la BCE.

Vendredi, le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a jugé qu'il était "trop tôt" pour réduire les taux et plaidé pour attendre les données d'inflation du deuxième trimestre.

3/ MARASME EN ASIE

Chine et Japon peinent à améliorer leurs perspectives de croissance moroses.

Les chiffres de l'inflation au Japon pour janvier sont attendus en recul mardi, ce qui pourrait inciter la banque centrale à maintenir sa politique ultra-accommodante. Cela encouragera certes une consommation des ménages et une croissance en berne, mais les taux bas pourraient affaiblir encore davantage le yen.

En Chine, les données PMI attendues vendredi permettront de jauger de l'efficacité des mesures prises par Pékin pour soutenir l'économie. La baisse record du taux hypothécaire à 5 ans par la banque centrale et les interventions des autorités chinoises pour stabiliser les marchés boursiers n'ont en tout cas pas convaincu les investisseurs internationaux de retourner sur les actions chinoises.

4/ UNE RÉUNION POUR RIEN

La montée du protectionnisme et les conflits géopolitiques ont pesé sur le commerce mondial, qui n'a progressé que de 0,2% l'année dernière, son rythme le plus faible depuis cinquante ans (hors périodes de récession).

La réunion de l'OMC, qui débutera lundi à Abou Dhabi, ne devrait pas changer grand-chose selon les observateurs, alors que les discussions sont entravées par les dissensions entre pays membres et la mise en place de mesures protectionnistes.

Par ailleurs, Washington devrait continuer de bloquer les nouvelles nominations à la tête de l'organisation à l'approche de l'élection présidentielle américaine de novembre, impliquant que l'organe d'arbitrage des différends commerciaux restera inactif à court terme.

Enfin, la probabilité que de nouveaux accords commerciaux soient conclus demeure limitée, et le commerce ne soutiendra probablement pas l'économie mondiale cette année.

5/ DAVID ET GOLIATH

Samedi marquera les deux ans de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, un conflit aux impacts mondiaux. Les prix de l'énergie et ceux de nombreuses matières premières sont retombés sous leurs niveaux d'avant-guerre, même si le prix de l'or demeure supérieur à son niveau de février 2022.

En infériorité numérique et militaire, confrontée au tarissement possible de l'aide internationale, l'Ukraine est soumise à une pression de plus en plus forte. Le Fonds monétaire international a prévenu que la viabilité budgétaire du pays dépendait du "soutien opportun" des donateurs internationaux, au premier plan desquels les Etats-Unis.

La Russie, déjà coupée du système financier mondial, doit désormais composer avec de nouvelles sanctions après la mort de l'opposant Alexei Navalny.

(Compilé par Karin Strohecker, graphiques par Vineet Sachdev, Sumanta Sen, Prinz Magtulis, Kripa Jayaram et Prasit Kongkunakornkul, Version française Corentin Chappron, édité par Blandine Hénault)