JERUSALEM, 9 juin (Reuters) - Le ministre israélien Benny Gantz a annoncé dimanche son départ du gouvernement d'urgence mené par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur fond de divergences quant à l'offensive menée par Israël dans la bande de Gaza.

Le départ du parti centriste de Benny Gantz ne constitue pas une menace immédiate pour le gouvernement mais il pourrait avoir des effets sérieux, laissant Benjamin Netanyahu seul avec les partisans d'une ligne dure dans le conflit avec le Hamas.

Le mois dernier, Benny Gantz avait laissé au dirigeant israélien la date limite du 8 juin pour présenter une stratégie claire dans la bande de Gaza où Israël mène une vaste offensive militaire depuis l'attaque meurtrière perpétrée sur son sol par le Hamas le 7 octobre. Un ultimatum rejeté par Benjamin Netanyahu peu de temps après.

"Netanyahu nous empêche d'avancer vers une véritable victoire", a déclaré Benny Gantz lors d'une conférence de presse télévisée. "C'est pourquoi nous quittons le gouvernement d'urgence aujourd'hui, le cœur lourd mais en toute confiance".

Avec le départ de Benny Gantz, Benjamin Netanyahu perd l'appui d'un bloc centriste qui avait contribué à élargir le soutien à son gouvernement en Israël et à l'international. Sa coalition, qui garde le contrôle de 64 sièges sur 120 au Parlement, devra s'appuyer davantage sur le soutien politique des partis ultranationalistes, partisans d'une ligne dure extrême dans la bande de Gaza.

Cela pourrait accroître les tensions qui ont émergé entre Israël et son principal allié, les Etats-Unis, et intensifier la pression de l'opinion publique dans le pays, alors que l'offensive de Tsahal dans la bande de Gaza n'a toujours pas atteint les objectifs affichés, à savoir la destruction du Hamas et la libération des otages toujours retenus par le mouvement islamiste palestinien.

(Rédigé par Maayan Lubell, Blandine Hénault pour la version française)