La Bourse de Paris devrait ouvrir en léger repli vendredi matin dans un contexte plus prudent au lendemain de la première baisse de taux de la BCE depuis 2019 et en attendant la publication du rapport sur l'emploi américain.

Vers 8h15, le contrat 'future' sur l'indice CAC 40 - livraison fin juin - recule de deux points à 8038,5 points, laissant entrevoir une baisse modeste en début de séance.

Alors que les analystes jugeaient qu'une baisse des taux de la BCE était déjà bien intégrée dans les jours, le marché parisien a réagi favorablement aux annonces de la banque centrale européenne hier en s'adjugeant plus de 0,4% à 8040 points.

'Cette baisse de taux a renforcé l'idée selon laquelle la politique monétaire mondiale s'orientait désormais vers un cycle d'assouplissement, avec de nouvelles réductions se profilant à l'horizon', souligne Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank.

'Il s'agit d'un changement de cap important par rapport à la politique des deux dernières années, au cours desquelles les banques centrales avaient rapidement relevé leurs taux afin de juguler l'inflation', ajoute-t-il.

Les mesures de soutien dévoilées hier par la BCE devraient par ailleurs soutenir la reprise naissante de l'économie européenne, avec une croissance désormais attendue par l'institution à 0,9% cette année contre 0,6% jusqu'ici.

'Les marchés vont pouvoir profiter de l'effet des baisses de taux alors que la croissance se redresse et que l'inflation se normalise en grande partie, ce qui correspond à un scénario de type 'goldilocks'', insiste-t-on chez Deutsche Bank.

Sur l'ensemble de la semaine, le CAC 40 affiche pour l'instant un gain de l'ordre de 0,6%.

A Wall Street, les marchés d'actions américains se dirigent eux aussi vers une semaine positive, grâce à l'envolée non démentie du titre Nvidia, mais le bilan hebdomadaire dépendra beaucoup des chiffres de l'emploi qui paraîtront à 14h30.

Pour mémoire, le consensus anticipe 180.000 créations de postes en mai, ce qui marquerait une relative stabilité par rapport aux 175.000 du mois précédent.

Sachant que les derniers indicateurs (ADP, inscriptions au chômage,...) ont signalé un net ralentissement du marché du travail, un chiffre inférieur aux attentes laisserait espérer que la Fed abaisse prochainement ses taux.

'Etant donné qu'ils avaient indiqué qu'une dégradation inattendue du marché du travail pourrait précipiter des baisses de taux, on pourrait mettre attendre une tonalité assez dovish pour le FOMC de la semaine prochaine en cas de rapport sur l'emploi mitigé', souligne Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM.

Le taux de chômage sera également très suivi: à 3,9%, il évolue depuis maintenant plus de deux ans sous la barre des 4%, du jamais vu depuis les années 1950.

Au-delà des chiffres de l'emploi, les investisseurs savent qu'une baisse des taux aux Etats-Unis reste essentiellement conditionnée à un retour de l'inflation sous le seuil symbolique de 3%.

'Il faut absolument que les prix à la consommation soient sous ce niveau, pendant plusieurs mois consécutifs, pour que la Fed puisse envisager l'amorce d'un cycle d'assouplissement', rappelle Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

Sur le compartiment obligataire, les marchés ne célèbrent toujours pas la baisse de taux officialisée hier par la BCE.

Le rendement des Bunds allemands à dix ans se tend au-delà de 2,55% tandis qu'Outre-Atlantique, les T-Bonds américains de même échéance se stabilisent autour de 4,28% en attendant les chiffres de l'emploi.

Sur le marché de l'énergie, les cours du pétrole poursuivent leur remontée et effacent une partie des pertes essuyées en début de semaine.

Après avoir signé hier sa plus forte progression quotidienne depuis le mois de mars, le baril de Brent reprend 0,1% ce matin pour se rapprocher de nouveau du seuil des 80 dollars.

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