Alors qu'elle cédait jusqu'à 1,2% en début d'après-midi, la bourse de Paris est parvenue a effacer une partie de ses pertes, concluant la séance sur un repli limité de 0,48%, à 8001 points, pénalisée par Orange qui cède 4,1%, derrière Engie (-2,9%) et Vinci (-2,6%).

L'indice parisien grappille finalement un timide 0,1% sur la semaine écoulée et préserve ainsi un gain de quelque 6% depuis le début de l'année.

Le petit 'effet douche froide' consécutif à la publication d'un 'NFP' plus vigoureux que prévu (avec 100.000 créations d'emplois de plus que prévu) n'aura donc pas duré, et les bourses européennes se retrouvent mieux positionnées qu'avant les chiffres de l'emploi US.

La séance se solde par une brusque tension des taux qui efface plus de la moitié des gains du début de la semaine : +15Pts sur les T-Bonds à 4,427% (contre 4,50% vendredi dernier).

En Europe, les Bunds se retendent de +8Pts à 2,624%, nos OAT de +8Pts à 3,12% (contre 3,15% il y a 1 semaine), les BTP italiens de +10Pts à 3,9650%.

Une évolution qui peut surprendre au lendemain de la première baisse de taux de la BCE depuis 2019.

Hier, 'la baisse de taux a renforcé l'idée selon laquelle la politique monétaire mondiale s'orientait désormais vers un cycle d'assouplissement, avec de nouvelles réductions se profilant à l'horizon', souligne Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank.

'Il s'agit d'un changement de cap important par rapport à la politique des deux dernières années, au cours desquelles les banques centrales avaient rapidement relevé leurs taux afin de juguler l'inflation', ajoute-t-il.

Les mesures de soutien dévoilées hier par la BCE devraient par ailleurs soutenir la reprise naissante de l'économie européenne, avec une croissance désormais attendue par l'institution à 0,9% cette année contre 0,6% jusqu'ici.

La hausse des taux US pourrait peser avant le week-end, mais pour l'instant, Wall Street résiste en s'appuyant sur le fait que l'économie américaine demeure robuste : elle a généré 272.000 emplois non agricoles au mois de mai, selon le Département du Travail, un nombre largement supérieur aux attentes du marché qui étaient en général de l'ordre de 175.000.

Les créations de postes non agricoles des deux mois précédents ont été légèrement révisées à la baisse, de 315.000 à 310.000 pour mars et de 175.000 à 165.000 pour avril, soit un solde total de -15.000 pour ces deux mois.

Le taux de chômage s'est accru de 0,1 point à 4%, là où les économistes anticipaient une stabilité à 3,9%, tandis que le taux de participation à la force de travail s'est établi à 62,5% (NB : le taux de chômage évoluait depuis maintenant plus de deux ans sous la barre des 4%, du jamais vu depuis les années 1950).

L'autre indication négative, c'est que le revenu horaire moyen a augmenté à un rythme annuel de 4,1% au lieu de 3,9%.

Il sera compliqué pour la FED d'adopter une tonalité assez dovish pour le FOMC de la semaine prochaine... mais au-delà des chiffres de l'emploi, les investisseurs savent qu'une baisse des taux aux Etats-Unis reste essentiellement conditionnée par un retour de l'inflation sous le seuil symbolique de 3%, ce qui est loin d'être acquis.

En Europe cette fois, le PIB 'CVS' du 1er trimestre a augmenté de 0,3% dans la zone euro et dans l'UE, par rapport au trimestre précédent, selon Eurostat qui confirme donc ses estimations précédentes.

Dans la zone euro, la croissance a été portée par des contributions positives des dépenses de consommation finale des ménages (+0,1 point) et des échanges extérieurs (exportations moins importations, +0,9 point).

Ces éléments ont plus que compensé des contributions négatives de la formation brute de capital fixe et des variations des stocks (-0,3 point chacune) tandis que la contribution des dépenses finales des administrations publiques a été négligeable.

L'Euro retombe lourdement après le 'NFP', de -0,75% vers 1,0810, et le Dollar qui était en situation délicate (une incursion sous 1,0900 -cela s'est produit ce matin- aurait pu marquer un basculement de la tendance à la baisse sur le billet vert).

Sur le marché de l'énergie, le baril de Brent recule de 0,5%, autour des 79,6$.

L'Or rechute de près de -2% (vers 2.310$) en quelques heures, visiblement impacté par la nette remontée de taux.

Dans l'actualité des sociétés tricolores, Renault Group présente son outil logistique de nouvelle génération 100 % automatisé et équipé du système d'Exotec, société française de robotique industrielle, au sein de son plus grand entrepôt après-vente à Villeroy.

Le groupe d'énergies renouvelables Neoen annonce qu'à la clôture de la période d'exercice qui était ouverte du 22 mai au 5 juin inclus, 74,53% des droits ont été exercés en faveur du paiement de son dividende en actions.

Enfin, Safran Helicopter Engines motorisera la nouvelle flotte d'hélicoptères Airbus H225 de la Police fédérale allemande (Bundespolizei), dont la vente a été annoncée hier, au salon ILA de Berlin.

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