La Bourse de Paris est de nouveau en forte baisse ce matin après avoir subi une brutale correction cette semaine, sur fond d'incertitude politique et d'interrogations sur les taux. L'indice CAC40 chute de 1,8% vers 7572 points.

Frappé de plein fouet par les résultats des élections européennes et l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale, le marché parisien se dirige pour l'instant vers une repli de 5,2% sur l'ensemble de la semaine.

Après les franchissements à la baisse successifs des seuils de 8000, 7900 et 7800 points au cours des derniers jours, ses gains depuis le début de l'année se retrouvent ainsi ramenés autour de 1,4%.

Les marchés redoutent que le flou entourant l'issue des prochaines élections législatives, avec à la clé une possible arrivée au pouvoir du RN, conduisent les investisseurs à se tenir à l'écart des actions françaises.

Déjà affaibli par la dégradation de la note de la France par S&P, le taux d'emprunt de l'Etat français à 10 ans s'est tendu de plus de dix points de base depuis dimanche pour désormais ressortir à 3,16%.

Sur une semaine, l'écart avec l'Allemagne s'est fortement creusé pour atteindre quasiment 70 points de base, ce qui illustre toute la défiance des investisseurs.

'Nous nous attendons à ce que la campagne électorale entraîne des soubresauts boursiers, mais rien de bien méchant et rien de durable, selon nous', tempère Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

'La leçon qu'on peut tirer des dernières années, c'est qu'il ne faut jamais exagérer l'influence du fait politique sur la tenue à moyen terme des marchés financiers des pays développés (exemples: le Brexit, Trump etc.)', ajoute l'analyste.

'L'histoire récente nous a appris que la volatilité sur les marchés obligataires européens était souvent éphémère', renchérit Guillaume Truttman, gérant chez Eiffel Investment Group.

Le professionnel ne peut cependant s'empêcher de dresser un parallèle avec la crise de la dette qui avait secoué la zone euro au cours des années 2011-2013.

'Ce qui peut sembler être un coup de poker de la part d'Emmanuel Macron alimente aujourd'hui une incertitude politique qui a, par le passé, laissé de mauvais souvenirs aux investisseurs européens lorsque le risque d'une fragmentation de la zone euro était aigu', rappelle-t-il.

S'ajoutent à cela les craintes relatives à la trajectoire de la politique monétaire de la Fed, qui pourraient se traduire par moins de baisses de taux qu'espéré dans les mois à venir.

Dans ce contexte, le Dow Jones accuse à ce stade de la semaine un repli hebdomadaire de l'ordre de 0,9%, là où le Nasdaq gagne plus de 3% pour s'établir à de nouveaux plus hauts historiques.

Seul motif de satisfaction de la semaine, les dernières statistiques ont montré que l'inflation était mieux maîtrisée aux Etats-Unis, ce qui renforce le scénario d'un 'atterrissage en douceur' de l'économie américaine cet été.

Les chiffres des prix à l'importation et l'indice de confiance des consommateurs du Michigan, qui paraîtront cet après-midi, permettront de savoir si ce scénario favorable tient la route.

En France, Les prix à la consommation sont stables sur un mois en mai 2024 et augmentent de 2,3 % sur un an (après 2,2% en avril 2024) selon l'Insee. Cette légère hausse de l'inflation résulte d'une nouvelle accélération sur un an des prix de l'énergie (+5,7 % après +3,8 %) liée à un effet de base sur les prix des produits pétroliers (+2,9 % après ‑0,7 %) selon l'Insee.

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