La Bourse de Paris vient d'atteindre le cap des -2% (le CAC40 chutant vers 7.706) et entraine l'Euro-Stoxx50 (-1,7%) sous les 4.950Pts (les supports moyen terme sont tout proches).

Après avoir rouvert en territoire record, les indices US inversent la vapeur, avec un S&P500 qui passe de 5.442 à 5.415 (-0,1%) ou un Nasdaq revenu d'un nouveau zénith de 17.741 vers 17.650 (+0,3%).
Le titre Nvidia (NVDA) avait entamé la journée sur de nouveaux records (avec +4% à 129,7$) mais cela ne suffit plus car une majorité de titres se replient.
Le Nasdaq-100 (+0,5% à 19.640 au plus haut) semble irrésistiblement aspiré vers les 20.000Pts dans le sillage de Broadcom (+15% à 1.710$) ou Tesla avec +3,5% à 185$.

A se demander tout de même si Wall Street ne profite pas de la situation politique chaotique en France et du repli des indices européens : les investisseurs changent de continent, mais ne délaissent pas les actions. L'argent ne fait que retraverser l'Atlantique pour s'investir à Wall Street, en priorité sur les 'titans' du Nasdaq.

Les chiffres US du jour ne font que renforcer la confiance des investisseurs US dans la désinflation : les prix à la production aux Etats-Unis (PPI) ont accusé une baisse inattendue de -0,2% en mai (à +2,2% en rythme annuel) sous l'effet du recul des prix de l'énergie, selon les statistiques publiées jeudi par le Département du Travail.

Les économistes prévoyaient une hausse de 0,1% d'un mois sur l'autre (après +0,5% en avril).

L'indice 'core' mesurant les pressions sous-jacentes sur les prix à la production, qui exclut l'alimentation, l'énergie et les services commerciaux, est de son côté ressorti parfaitement stable le mois dernier après un gain de 0,5% en avril et il s'établit à +3,2% sur 12 mois.

Le Département du Travail annonce de son côté avoir enregistré 242 000 nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis lors de la semaine du 3 juin, un chiffre en hausse de 13 000 par rapport à la semaine précédente.

La moyenne mobile sur quatre semaines -plus représentative de la tendance de fond- est quant à elle ressortie à 227 000 soit une hausse de 4750 par rapport à la semaine précédente.

Mais ces chiffres 'encourageants' sont obérés par les propos de Jerome Powell qui ont douché les espérances des investisseurs en matière d'assouplissement monétaire.

Les nouvelles projections de ses responsables en matière de taux d'intérêt, les fameux 'dot plots', ne font plus apparaître qu'une baisse de taux en 2024, contre trois jusqu'ici.

Sur les 19 membres du comité de politique monétaire (FOMC), quatre d'entre eux n'anticipent aucune baisse de taux cette année, sept tablent sur une seule et huit en prévoient deux.

'Ce FOMC ne change pas vraiment la donne (...) mais est un peu plus hawkish que prévu', commente Bastien Drut, le responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM.

'On sent chez Powell un effort pour décentrer la politique de la Fed du mandat de stabilité des prix et pour se focaliser un peu plus sur le marché du travail', ajoute l'économiste.

Mais l'orientation plus restrictive de la politique monétaire américaine n'a pas dissuadé les investisseurs de continuer à placer massivement leurs capitaux à Wall Street.

Les T-Bonds continuent de se détendre dans la foulée de la séance de mardi (-1,7Pts de base à 4,275%), le '2 ans' efface -5Pts à 4,7050%.

En Europe, les Bunds s'améliorent de -2,5Pts à 2,51% et continuent de gagner du terrain par rapport à nos OAT qui prennent +3,5Pts à 3,1900%, soit +68Pts de 'spread' (contre 49Pts vendredi dernier).

NB : le rendement du '10 ans' portugais est désormais légèrement inférieur à nos OAT (il oscille ce jeudi entre 3,16 et 3,1920%).

La séance s'annonce pauvre en indicateurs macroéconomiques sur le Vieux Continent, mais la publication de la production industrielle en zone euro a déçu avec un repli de 0,1% jugé 'inattendu'.

En avril 2024, la production industrielle corrigée des variations saisonnières a baissé de 0,1% dans la zone euro et a augmenté de 0,5% dans l'UE, par rapport à mars 2024, selon les estimations d'Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne.

Les prix à la consommation en Espagne, calculés à partir de normes européennes harmonisées, se sont inscrits en hausse de 3,6% sur un an au mois de mai, confirmant ainsi une première estimation fournie à la fin du mois dernier.

Sur le marché obligataire, les 'Bonos' à dix ans se retendent légèrement (+1,7Pt) à 3,383% (seulement 20Pts les séparent de nos OAT).

Le dollar qui avait progressé de +1% la veille reperd -0,4% face à l'euro qui renoue avec les 1,0780$.

Le marché pétrolier reste orienté à la baisse après les chiffres de l'Energy Information Administration (EIA) ayant montré une hausse des stocks de brut aux Etats-Unis.

Le Brent grappille 0,3% à 82,7 dollars le baril tout comme le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) qui retrouve les 78,5$.

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