Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris a terminé en petite hausse de 0,26% vendredi, se rattrapant en fin de semaine grâce à des chiffres d'inflation en zone euro jugés positifs par les investisseurs.

L'indice CAC 40 a gagné 18,82 points à 7.135,06 points, perdant ses gains du début de séance dans la dernière heure avant la clôture. L'indice affichait pourtant une hausse de plus de 1,2% au plus haut de la séance.

La cote parisienne avait gagné 0,63% jeudi, marquant un rebond après cinq séances consécutives de baisse qui l'ont tirée à un plus bas de clôture depuis mars, au moment de la crise bancaire.

Les deux séances de hausse de la fin de semaine ne réussissent pas à sauver le bilan hebdomadaire (-0,69%) du CAC 40. Au cours du mois de septembre, l'indice a perdu 2,48%.

En zone euro, la hausse des prix à la consommation a chuté à 4,3% sur un an, son plus bas niveau en deux ans, après 5,2% en août. Le chiffre est meilleur qu'attendu par les analystes.

Aux Etats-Unis, l'inflation s'est accélérée à 3,5% en août, selon l'indice PCE, mesure privilégiée par la Réserve fédérale (Fed) américaine, mais, hors prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, l'inflation dite sous-jacente ralentit, à 3,9% sur un an.

Ces chiffres sont conformes ou légèrement inférieurs aux prévisions des analystes, ce qui rassure les marchés.

Au vu des données publiées vendredi, Charlotte de Montpellier, économiste d'ING, estime que "les banques centrales vont certes maintenir leurs taux élevés pendant longtemps mais elles ne vont probablement pas aller plus haut que le niveau actuel".

En réaction, les taux se détendent sur le marché obligataire, après les plus hauts depuis plusieurs années atteints les jours précédents.

Le taux d'intérêt de la dette de l'Etat allemand à 10 ans s'établissait à 2,84% vers 17H55, contre 2,93% jeudi, et l'équivalent français était à 3,40% contre 3,49% jeudi.

"Il faudra probablement encore plusieurs mois consécutifs de baisse pour que la Fed ait le sentiment de gagner dans sa lutte contre l'inflation", nuance Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO IS.

"On ne peut cependant pas exclure totalement des hausses de taux supplémentaires, notamment à cause de la hausse des prix de l'énergie", confirme Charlotte de Montpellier.

Par ailleurs, les dernières annonces budgétaires en France et en Italie cette semaine ont crispé les investisseurs.

Le gouvernement italien a relevé sa prévision de déficit public pour 2023 à 5,3% du PIB, contre 4,5% attendus précédemment.

"Cela remet sur le devant de la scène le fait que les dettes publiques sont très importantes, ce qui présente un risque pour la stabilité budgétaire", commente l'économiste d'ING.

Trigano bondit

Trigano, le producteur de véhicules de loisirs, a gagné 8,90% à 128,50 euros l'action, après avoir publié un chiffre d'affaires record, en hausse de 9,5%, pour son exercice décalé 2022/23.

Fnac profite d'une acquisition

Le spécialiste de la distribution de matériel électroménager, électronique et de produits culturels Fnac Darty a annoncé jeudi soir avoir finalisé l'acquisition des dix magasins et de la boutique en ligne de MediaMarkt Portugal, pays dans lequel il renforce sa position de numéro 2. Son action a pris 3,85% à 23,20 euros.

Les valeurs industrielles gagnantes de la semaine

Sur la semaine, la plus forte variation positive est affichée par le fabricant de matériel électrique Legrand (+3,39%). D'autres valeurs industrielles figurent parmi les dix plus fortes hausses de la semaine : Airbus (+2,50%), Schneider Electric (+1,84%), ArcelorMittal (+1,89%), Renault (+1,37%), Saint Gobain (+1,34%) et Safran (+0,98%).

afp/rp