LONDRES (Agefi-Dow Jones)--Un scénario dans lequel le Rassemblement national (RN) remporterait la majorité absolue à l'Assemblée nationale pourrait entraîner une nouvelle sous-performance des actions françaises, qui viennent de connaître leur plus mauvaise semaine depuis deux ans, indiquent les stratégistes de Goldman Sachs.

Le CAC 40 a chuté de plus de 6% la semaine dernière, après la décision du président de la République, Emmanuel Macron, de dissoudre l'Assemblée nationale et de convoquer des élections législatives anticipées. L'indice cédait 0,2% lundi à la mi-journée.

La capitalisation de l'ensemble des entreprises cotées en France est maintenant inférieure à celle des actions britanniques, à 3.170 milliards de dollars contre 3.230 milliards de dollars (2.950 milliards d'euros contre 3.000 milliards d'euros), selon les données relevées sur FactSet vendredi soir.

Goldman Sachs estime qu'une victoire du RN lors des élections des 30 juin et 7 juillet prochains pourrait provoquer un nouveau repli des actions tricolores.

"Si le programme de 2022 du parti d'extrême droite devait être mis en ouvre, les réactions du marché pourraient être sévères. Toutefois, les décisions [du RN] pourraient être plus favorables aux entreprises que prévu, l'extrême droite cherchant à remporter l'élection présidentielle de 2027, ce qui pourrait surprendre positivement les marchés", souligne l'intermédiaire financier.

En cas de victoire du RN, les banques, les entreprises de construction et de matériaux et les services collectifs seraient les plus touchés. Les valeurs françaises et européennes du secteur de la défense pourraient également être pénalisées, selon Goldman Sachs.

En revanche, les entreprises moins dépendantes du marché français comme Rémy Cointreau, L'Oréal et LVMH seraient les plus épargnées.

Pour les stratégistes de la banque, le scénario le plus probable est celui d'une Assemblée sans majorité. "Une telle impasse politique limiterait le risque d'adoption de mesures économiques majeures. Cependant, le taux d'endettement du pays pourrait augmenter étant donné qu'il serait plus difficile de faire adopter par le Parlement les restrictions de dépenses nécessaires pour réduire le déficit public et de faire passer des réformes structurelles destinées à stimuler la croissance", estiment-ils.

Un dérapage budgétaire maintiendrait à un niveau élevé l'écart de taux entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans et pèserait sur les entreprises les plus sensibles à cet écart, notamment Vinci, BNP Paribas et Société Générale. D'autres entreprises comme Carrefour et Sopra Steria pourraient au contraire en profiter, selon Goldman Sachs.

L'intermédiaire financier estime en outre que le marché réagirait le plus favorablement à une victoire du centre droit, représenté par Emmanuel Macron et les Républicains. L'écart entre l'OAT et le Bund se réduirait, mais pas nécessairement jusqu'aux niveaux d'avant les élections européennes, et les actions françaises se redresseraient, affirme Goldman Sachs.

-Steve Goldstein, MarketWatch (Version française François Schott) ed: LBO

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June 17, 2024 06:26 ET (10:26 GMT)