Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent dans le vert avant la publication très attendue des résultats du mastodonte des puces électroniques Nvidia, poussées par un regain d'optimisme des investisseurs et des espoirs de trêve en Ukraine.
Vers 12H40 GMT, la Bourse de Paris prenait 1,40%, Francfort gagnait 1,72%, Londres 0,63%, Milan 1,20% et Zurich 0,5%.
"Les actions européennes et chinoises surperforment leurs homologues américaines", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB.
"La nouvelle selon laquelle l'Ukraine a accepté un accord qui donnera aux Etats-Unis un accès aux minéraux ukrainiens stimule également la perception (des marchés) en Europe", poursuit-elle. "Cela est vu comme un pas vers le processus de paix".
Kiev a accepté mercredi les termes d'un accord sur ses minerais avec les États-Unis que le président Volodymyr Zelensky pourrait signer dès vendredi à Washington. Le président américain a demandé à l'Ukraine de lui donner accès à ses ressources minières pour compenser les milliards de dollars d'aide versés par l'administration de son prédécesseur Joe Biden.
Parallèlement, les dirigeants des 27 États membres de l'UE doivent se réunir mercredi en visioconférence pour faire un point en vue d'une possible trêve dans le conflit en Ukraine.
Entre la trêve à brève échéance dans les combats évoquée lundi à l'occasion de la visite aux États-Unis d'Emmanuel Macron et le feu vert de la Russie à une participation européenne au règlement du conflit, les alliés de Kiev se prennent à espérer un tournant après plus de trois années de guerre.
Vers 12H40, l'euro glissait tout de même de 0,24% face au billet vert, à 1,0489 dollar pour un euro.
Parallèlement à l'effervescence diplomatique autour de l'Ukraine, "l'augmentation des dépenses de défense du Royaume-Uni annoncée mardi, ainsi que l'espoir que l'Europe suive bientôt, ont stimulé le secteur de la défense en Europe", note Mme Brooks.
L'optimisme qu'affichent les marchés boursiers mercredi pourrait cependant à nouveau être mis à l'épreuve, avec la publication des résultats du champion américain des puces électroniques et deuxième capitalisation mondiale Nvidia.
Pour Stephen Innes, analyste à SPI AM, c'est une "question de sentiment, d'élan et de savoir si les +Sept Magnifiques+ (le surnom donné aux géants américains du secteur technologique, NDLR) ont encore assez de force pour sortir plus largement le marché de sa torpeur".
Les résultats sont attendus après la clôture de Wall Street mercredi. "Si Nvidia réussit, le marché pourrait trouver un ancrage. Mais s'[ils] déçoivent? Préparez-vous au choc...", déclare-t-il.
Les contrats d'avant-séance à Wall Street laissaient présager d'une ouverture en hausse.
BP fait volte-face sur le climat
Le britannique BP a enterré mercredi une stratégie climatique autrefois ambitieuse et annoncé un recentrage sur la production et les investissements dans le pétrole et le gaz, avec l'espoir de doper ses bénéfices en berne et ses redistributions aux actionnaires.
Le groupe affirme notamment qu'il augmentera sa production d'hydrocarbures d'ici 2030, là où il visait précédemment une diminution de 25% en 2030 par rapport à 2019 (un objectif déjà revu à la baisse en 2023).
Il compte aussi augmenter ses investissements dans le pétrole et le gaz à 10 milliards de dollars par an, soit les deux tiers des investissements prévus en 2025, et réduira en parallèle de 5 milliards de dollars par an ses investissements dans ses projets de transition (qui ne pèseront désormais plus que 1,5 à 2 milliards par an).
Ces annonces n'ont pas enthousiasmé les investisseurs, le titre de BP reculant de 0,69% à la Bourse de Londres vers 12H40 GMT.
Le gaz au plus bas depuis mi-décembre
Les prix du gaz sont tombés mercredi à leur plus bas niveau depuis mi-décembre à 42,20 euros le mégawattheure (MWh).
"Des températures plus chaudes et une production accrue d'énergie renouvelable ont commencé à améliorer la situation des stocks ces derniers jours", notent les analystes de DNB.
Vers 12H40 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence européenne du gaz naturel, perdait 3,86% à 42,58 euros le MWh.
Côté pétrole, le cours du baril de Brent de la mer du Nord glissait de 0,24% à 72,84 dollars le baril, quand le prix de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), perdait 0,17%, à 68,81 dollars.
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