Actualisé avec chute du CAC 40 à Paris, contrats à terme à New York

Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris s'enfonce dans le rouge vendredi et perd 2,39% à la mi-journée, l'indice CAC 40 se dirigeant vers sa pire baisse hebdomadaire depuis mars 2022, juste après l'invasion russe de l'Ukraine, plombée par des incertitudes politiques.

La poussée de l'extrême droite aux élections européennes et la perspective des législatives anticipées en France, qui pourraient porter au pouvoir l'extrême droite, inquiètent les investisseurs et les poussent à délaisser les actions de la zone euro.

Avec une chute de près de 6% depuis le début de la semaine, la Bourse de Paris a annulé tous ses gains depuis le début de l'année (-0,26% depuis le 1er janvier).

"Face à l'incertitude croissante qui règne dans la deuxième économie de l'UE, les investisseurs recherchent la sécurité et modèrent temporairement leur allocation aux actions de la région" européennes, commente Pierre Veyret, analyste d'ActivTrades.

Selon de premiers sondages, la part des Français qui disent faire "confiance" à Emmanuel Macron est au plus bas depuis le début de son second mandat en 2022. Et le parti d'extrême droite et l'alliance de gauche pourraient recueillir chacun plus de votes aux élections législatives anticipées que la majorité présidentielle.

"La possibilité que des partis représentant souvent les extrêmes, et sans expérience de gouvernement, puissent prendre les rênes du pays suscite l'inquiétude", commente Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche du gérant d'actifs LBP AM. "Ceci interroge, d'autant plus dans un contexte où la France devrait s'engager dans une trajectoire d'assainissement de ses finances publiques", ajoute-t-il.

Emmanuel Macron a une image positive auprès des marchés, compte tenu de sa politique économique libérale, tandis que les ébauches de programmes présentées par le parti d'extrême droite Rassemblement national et par l'alliance de gauche Nouveau Front Populaire présentent des risques d'accroissement du déficit public de la France.

Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt de la France à dix ans reculait, comme le reste des taux d'intérêt souverains, les investisseurs estimant que les dernières preuves de ralentissement de l'inflation pourraient inciter la banque centrale américaine à réduire ses taux directeurs.

Le taux d'intérêt des OAT françaises à dix ans s'établit à 3,11% vers 10H30 GMT, mais son équivalent allemand reculait plus fortement (2,37%), ce qui creuse encore plus l'écart entre les deux.

Cet écart - ou "spread" - entre les deux taux est un indicateur de mesure de la confiance des investisseurs dans la France et ses perspectives économiques de long terme. Il se situe vers 10H30 GMT à 0,75 point de pourcentage, au plus haut depuis 2017 et son amplification sur la semaine est à ce stade la plus importante depuis 2011, selon Bloomberg, au moment de la crise des dettes des Etats de la zone euro.

Ailleurs en Europe, Milan chutait aussi de 2,75%, plombée par les banques. Francfort reculait de 1,29%, l'indice paneuropéen élargi Stoxx 600 de 1,05% et Londres de 0,54%.

En Asie, Tokyo a grappillé 0,24%, et le yen revenait stable après s'être replié plus tôt.

La Banque du Japon (BoJ) a annoncé vendredi qu'elle allait réduire ses achats massifs d'obligations publiques japonaises mais sans fournir de détails à ce stade, alors que les investisseurs attendaient plus de clarté.

Le yen grappillait 0,03% vis-à-vis du dollar à 156,98 yens pour un dollar.

La Bourse de Hong Kong a cédé 0,94%, Shanghai a grappillé 0,12% et Bombay gagnait 0,2% dans les derniers échanges.

Les indices de la Bourse de New York se dirigent vers une ouverture en baisse, de 0,26% pour le Nasdaq et de 0,85% pour le Dow Jones, selon leurs contrats à terme.

Les bancaires massacrées

Le secteur bancaire européen souffrait particulièrement vendredi, victime des incertitudes liées à la France et concernant la politique monétaire de la banque centrale américaine.

A Paris, BNP Paribas chutait de 4,07%, à Milan, Unicredit perdait 4,02%, à Francfort Commerzbank lâchait 5,63%.

Pétrole et euro en baisse

Les prix du pétrole baissaient vers 10H25 GMT. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août cédait 0,02%, à 82,74 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, à échéance en juillet, perdait 0,38% à 78,32 dollars.

Sur le marché des changes, l'euro reculait de 0,22% par rapport à l'euro à 1,0713 dollar pour un euro.

Le bitcoin grappillait 0,35% à 66.908 dollars.

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