"A l'heure où je rédige cette note, l'Assemblée nationale a bien été dissoute et les alliances entre les partis politiques se négocient, abandonnant au passage l'ensemble de leurs valeurs morales et historiques pour accéder au plus vite au pouvoir. Si l'hypothèse du RN à Matignon est plausible, la gouvernance future de la France reste à ce stade encore très incertaine post élection législative", souligne David Taieb, CIO - listed assets au sein de Sienna IM.

Alors oui, les marchés ont réagi bien logiquement, reflétant ce moment d'incertitude, l'indice CAC40 a d'avantage baissé que ses homologues européens, l'euro tend à s'affaiblir face aux grandes devises mondiales et les taux d'emprunt français (OAT) ont décalé pour se retrouver au même niveau que les taux d'emprunt du Portugal. La France a changé de bord aux yeux du monde et est maintenant considéré comme un pays du sud de l'Europe.

"Le risque imaginé par les marchés financiers serait un programme RN accentuant le déficit public. Alors que Bruno Le Maire s'attache à convaincre, depuis des mois, la Commission européenne de sa capacité à réduire le déficit français sous la barre des 3% du PIB, voilà 'potentiellement' le programme du RN qui pourrait dépenser plus et encore plus provoquant un accroissement de la dette française et une envolée du déficit vers les 6% du PIB", explique David Taieb.

"On pourrait alors imaginer allégrement que les taux d'emprunt français à 10 ans atteindraient la barre symbolique des 4% (niveau de soutenabilité indicatif), entraînant un choc sur l'économie française, notamment l'environnement bancaire et le financement des PME-TPE", précise t-il.