Paris (awp/afp) - Parmi les principales Bourses européennes, toutes dans le rouge vendredi, le CAC 40 est le seul indice à avoir effacé ses gains depuis le début de l'année et se dirige vers sa pire baisse hebdomadaire depuis mars 2022, juste après l'invasion russe de l'Ukraine.

Vers 14H40 GMT, la Bourse de Paris chutait de 3,08% à 7.470,40 points. Ailleurs en Europe, Milan chutait aussi de 2,84%, plombée par les banques, Francfort reculait de 1,70%, Londres de 0,45% et l'indice paneuropéen élargi Stoxx 600 de 1,25%. A Zurich, le SMI cédait 0,67%.

L'issue des législatives anticipées en France, qui découlent de la dissolution surprise de l'Assemblée nationale après la poussée de l'extrême droite française aux élections européennes, inquiètent les investisseurs qui préfèrent délaisser les actions de la zone euro en attendant d'y voir plus clair.

Or pour le moment, entre baisse des taxes à l'extrême droite et abrogation de la réforme des retraite à gauche, les programmes économiques et financiers du Rassemblement national et du Nouveau front populaire ne sont pas de nature à plaire aux marchés.

Une certitude cependant: la décision du président français, Emmanuel Macron, "augmente les incertitudes quant à la trajectoire future des finances publiques", souligne Tullia Bucco, économiste chez Unicredit.

Ces inquiétudes grandissent "à un moment où le déficit est élevé et où le taux d'emprunt de l'Etat a déjà augmenté", rappelle Sylvain Bersinger, analyste chez Asterès.

Sur le marché obligataire, le taux d'intérêt des OAT françaises à dix ans s'établit à 3,12% vers 14H00 GMT, mais son équivalent allemand, "valeurs refuges par excellence au sein de la zone euro", souligne Alexandre Baradez, analyste d'IG France, reculait plus fortement (2,35%), creusant encore plus l'écart entre les deux.

Cet écart entre les deux taux - ou "spread" - est un indicateur de mesure de la confiance des investisseurs dans la France et ses perspectives économiques de long terme. Il se situe vers 14H10 GMT à 0,76 point de pourcentage. Selon Bloomberg, son amplification sur la semaine est à ce stade la plus importante depuis 2011, au moment de la crise des dettes des Etats de la zone euro.

Sur le marché des changes, l'euro reculait de 0,60% par rapport au dollar à 1,0672 dollar pour un euro. Depuis le début de la semaine, l'euro a perdu 1,19% de sa valeur face au dollar.

Outre-Atlantique, la Bourse de New York a ouvert en baisse opérant un mouvement de consolidation après que le Nasdaq et le S&P 500 ont enchaîné quatre records en clôture cette semaine. Le Dow Jones perdait 0,79%, l'indice Nasdaq rendait 0,11% et l'indice élargi S&P 500 se défaisait de 0,43%.

Les bancaires souffrent ___

Le secteur bancaire européen souffrait particulièrement vendredi, victime des incertitudes liées à la France et concernant la politique monétaire de la banque centrale américaine.

A Paris, BNP Paribas chutait de 3,80%, à Milan, Unicredit perdait 5,89%, à Francfort Commerzbank lâchait 5,35%.

L'auto a un train de retard ___

Le secteur automobile européen s'affiche de nouveau en baisse vendredi. A Francfort, Volkswagen, le premier groupe automobile européen, lâchait 1,18% et sa filiale luxe Porsche 0,51%. Mercedes reculait de 0,72% et BMW de 1,16%.

La Commission européenne a déclaré mercredi vouloir imposer à partir du 4 juillet jusqu'à 38% de droits de douane supplémentaires sur les importations de véhicules électriques chinois dans l'UE, dans un contexte où Pékin est accusé d'avoir favorisé illégalement ses constructeurs et que l'Allemagne craint des représailles pour ses géants de l'automobile pour qui la Chine représente jusqu'à 36% des ventes en volume.

Le pétrole se reprend ___

Les prix du pétrole remontaient la pente vers 14h05 GMT. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août gagnait 0,63%, à 83,27 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, à échéance en juillet, prenait 0,52% à 79,03 dollars.

Le bitcoin gagnait 0,37% à 66.926 dollars.

afp/rp