New York (awp/afp) - Les Bourses européennes ont terminé dans le rouge vendredi, à l'issue d'une semaine marquée par des tensions politiques en France, tandis que Wall Street a vu le Nasdaq enregistre son cinquième record d'affilée.

Sur le Vieux continent, Paris a reculé de 2,66%, Francfort de 1,44%, Milan de 2,84% et Londres de 0,21%. A Zurich, le SMI a cédé 0,42%.

La Bourse de Paris a signé sa pire semaine (-6,23%) depuis mars 2022, au moment de l'invasion russe en Ukraine, et a vu tous les gains cumulés depuis le 1er janvier (-0,53%) s'évaporer, faisant office d'exception parmi les autres indices européens.

"C'est certainement la première d'une série de semaines volatiles jusqu'aux élections françaises", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

"Les inquiétudes politiques françaises ont entraîné les actions européennes sur une pente glissante cette semaine, et certains investisseurs se sentent probablement plus en sécurité sortant de leurs investissements avant ce qui pourrait être un nouveau week-end chaotique", a-t-elle poursuivi.

La France est sous le feu des projecteurs depuis dimanche soir, lorsque le président, Emmanuel Macron, a annoncé à la surprise générale la dissolution de l'Assemblée nationale en réaction à la forte montée de l'extrême droite française lors des élections européennes.

Pour les élections législatives anticipées qui en découlent, le pays voit la majorité présidentielle, en perte de popularité, faire face au parti d'extrême droite, Rassemblement national, et à l'union des gauches, sous l'étiquette du Nouveau Front populaire.

Or pour le moment, entre baisse des taxes à l'extrême droite et abrogation de la réforme des retraite à gauche, les programmes économiques et financiers du Rassemblement national et du Nouveau front populaire ne sont pas de nature à plaire aux marchés, qui craignent que ces mesures aggravent un déficit français déjà très creusé.

A New York, le Nasdaq a grignoté 0,12%, inscrivant un cinquième record de suite en clôturez, tandis que Dow Jones et S&P 500 ont cédé respectivement 0,15% et 0,04%.

"Le marché n'avance que grâce à la technologie", a souligné Sam Stovall, de CFRA. "On est à bord d'un jet qui n'a qu'un moteur qui tourne".

Le Nasdaq a ainsi pu s'appuyer sur une poignée de valeurs apparentées à l'intelligence artificielle (IA) générative, secteur dont tous les investisseurs veulent être.

En tête, le concepteur de semi-conducteurs Nvidia (+1,75%), qui n'est désormais plus qu'à un souffle du titre de première capitalisation mondiale.

Rheinmetall bat en retraite ___

A Francfort, le fabricant d'armement Rheinmetall (-5,30%), chouchou de la Bourse depuis le début de la guerre en Ukraine, a subi des prises de bénéfices alors que les investisseurs allègent leurs positions. Cela a aussi concerné les Allemands Hensoldt (-2,92%) et Renk (-2,85%).

Les tensions avec la Chine pénalisent l'auto ___

"Les menaces de droits de douane punitifs contre les véhicules électriques chinois ont contribué à pousser, en cours de séance, l'indice boursier allemand sous la barre des 18.000 points", une première depuis début mai, a poursuivi l'analyste.

La Commission européenne a déclaré mercredi vouloir imposer à partir du 4 juillet jusqu'à 38% de droits de douane supplémentaires sur les importations de véhicules électriques chinois dans l'UE, alors que Pékin est accusé d'avoir favorisé illégalement ses constructeurs.

Première économie de la zone euro, l'Allemagne est réservée vis-à-vis de ces mesures, craignant des représailles pour ses géants de l'automobile très engagés en Chine, comme Volkswagen (-1,18%), Mercedes-Benz (-0,71%) ou BMW (-1,54%).

A Paris, Renault a baissé de 3% et Stellantis a chuté de 4,39%.

L'obligataire en tension ___

Sur le marché obligataire, le taux d'intérêt des OAT françaises à dix ans s'établissait à 3,16%, mais son équivalent allemand reculait plus fortement (2,35%), creusant encore plus l'écart entre les deux, à 0,81 point de pourcentage.

Cet écart entre les deux taux - ou "spread" - est un indicateur de mesure de la confiance des investisseurs envers la France et ses perspectives économiques de long terme.

Sur le marché des changes, l'euro reculait de 0,28% par rapport au dollar à 1,0707 dollar pour un euro. Il est tombé jusqu'à 1,0668 dollar, au plus bas depuis un mois et demi.

afp/rp