Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales sont mitigées lundi, l'Europe souffrant toujours des incertitudes politiques après une semaine de pertes et qui conduisent l'écart entre le taux d'emprunt à 10 français et allemand au plus haut depuis 2011.

Sur le Vieux continent, les indices européens sont en légère hausse, mais loin de compenser les pertes de la semaine passée: vers 13H45, la Bourse de Paris prenait 0,37%, Francfort 0,22%, Londres 0,02% et Milan 0,53% et Londres.

"Les élections législatives anticipées surprises convoquées par le président français ont eu des répercussions sur les marchés au-delà des frontières françaises", commente Gilles Moëc, économiste en chef du groupe Axa.

Sur le marché obligataire, l'écart entre les rendements français (3,20%) et allemand (2,41%) à 10 ans continuent d'être scrutés après avoir "franchi la barre des 80 points de base" la semaine précédente, "un record depuis la crise de la dette qui a frappé la zone euro il y a plus de dix ans", a souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

Les analystes de Deutsche Bank estiment que cet écart pourrait atteindre un point de pourcentage (100 points de base).

Le "spread" ou différence avec le taux d'intérêt d'un pays de référence - l'Allemagne pour l'Europe - est un indicateur qui mesure la confiance des investisseurs dans un pays, en l'occurrence, la France.

La dissolution de l'Assemblée nationale en France annoncée par la président français le 9 juin a été suivie d'une semaine de rebondissements et de confusion politique dans le pays, avec des alliances et la désignation des candidats décidées dans l'urgence. Les deux tours des élections législatives anticipées se tiendront les 30 juin et 7 juillet.

"Il est évident que cette incertitude nous accompagnera au moins jusqu'au second tour de l'élection, et probablement au-delà", ont poursuivi les analystes de Deutsche Bank.

Sur le marché des changes, l'euro prenait 0,13% face au dollar à 1,0717 dollar pour un euro. Vendredi, la monnaie unique est tombée à 1,0668 dollar, au plus bas depuis un mois et demi.

Outre-Atlantique, les indices boursiers américains se dirigeaient vers une ouverture proche de l'équilibre. Le Nasdaq, qui a signé cinq records en clôture d'affilée la semaine dernière, devrait progresser de 0,2% selon son contrat à terme.

De son côté, si le S&P500 a "légèrement baissé vendredi, l'indice a enregistré sa meilleure progression hebdomadaire depuis un mois, porté par une baisse surprise des chiffres de l'inflation" aux Etats-Unis.

A l'agenda de la semaine, les principales données attendues sont les ventes au détail aux États-Unis mardi, l'indice des prix à la consommation au Royaume-Uni mercredi, l'inflation au Japon et des indices d'activités du secteur privé en zone euro vendredi.

Adidas, une affaire de corruption

L'équipementier sportif allemand Adidas (-3,85% à Francfort) a indiqué lundi mener une "enquête approfondie" sur une vaste affaire de corruption présumée en Chine évaluée à plusieurs millions d'euros impliquant des employés locaux du groupe.

Le pétrole en légère hausse

Les cours du pétrole hésitaient lundi, pris entre les feux d'une production industrielle ralentie en Chine, mauvais signal pour la demande en or noir, contrebalancée par le renforcement des attentes de baisses de taux américains, qui tire au contraire les prix vers le haut.

Vers 13H30, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, valait 82,83 dollars (+0,25%). Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en juillet, s'échangeait à 78,64 dollars (+0,24%).

Le bitcoin perdait 1,02% à 65'785 dollars.

afp/ck