New York (awp/afp) - La Bourse de New York a ouvert sur une note contrastée, jeudi, tentant de monter encore plus haut après une série de records sur la foi d'indicateurs qui confirment la décélération de l'inflation et du marché de l'emploi.

Vers 13H55 GMT, le Dow Jones s'effritait de 0,61%, l'indice Nasdaq glanait 0,67% et l'indice élargi S&P 500 grignotait 0,15%. Mercredi, Nasdaq et S&P 500 avaient terminé à de nouveaux sommets historiques en clôture.

Avant l'ouverture, la place new-yorkaise a pris bonne note de deux indicateurs jugés satisfaisants.

Les prix à la production (indice PPI) ont reculé de 0,2% en mai par rapport à avril, alors que les économistes leur prédisaient une hausse de 0,1%.

"Ce chiffre moins élevé que prévu va soutenir la rébellion des opérateurs obligataires contre les projections du comité de politique monétaire de la Fed (banque centrale américaine), à savoir une seule baisse de taux cette année", a commenté, dans une note, Rubeela Farooqi, de High Frequency Economics.

Mercredi, l'indice des prix à la consommation CPI était, lui aussi, ressorti en-deçà des estimations des économistes, montrant une inflation nulle en mai, par rapport à avril.

"Le fait que ni le PPI ni le CPI n'aient été au-dessus des prévisions joue pour les actions, car cela signifie que la Fed a les marges nécessaires pour abaisser ses taux si elle le souhaite", selon Adam Sarhan, de 50 Park Investments.

Les investisseurs ont également accueilli favorablement la hausse des nouvelles inscriptions au chômage, à 242.000 la semaine dernière contre 225.000 attendues, au plus haut depuis dix mois.

"Cela va être interprété comme une accalmie du marché du travail, qui va dans le sens de ce que veut voir la Fed avant de réduire ses taux", a réagi, dans une note, Patrik O'Hare, de Briefing.com.

Ces deux indicateurs ont ainsi fait pression sur les taux obligataires, déjà chahutés mercredi.

Le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans est descendu jusqu'à 4,23%, au plus bas depuis deux mois et demi.

Les opérateurs ont bien digéré le discours prudent de la Fed et de son président, Jerome Powell, mercredi, qui ont prévenu que si l'inflation ralentissait, elle demeurait trop élevée pour songer à un assouplissement de monétaire à court terme.

"Est-ce que le marché actions peut continuer à grimper? Oui, parce qu'il est déconnecté de la Fed, désormais", fait valoir Adam Sarhan. "Il ne s'appuie plus sur l'espoir d'une réduction de taux de la Fed, mais sur la croissance des bénéfices et l'économie qui reste vigoureuse."

A la cote, Apple récupérait (+0,63%), une nouvelle fois, son trône de première capitalisation mondiale, devant Microsoft (+0,20%), après une brève incursion, la veille.

Nvidia était sur leurs talons (+3,41%), toujours recherché pour son rôle dans le développement de l'intelligence artificielle (IA) dite générative.

Tesla s'envolait (+7,04%) après qu'Elon Musk a affirmé, sur X (ex-Twitter), que les résolutions portant sur un plan de rémunération lui assurant 56 milliards de dollars et sur la domiciliation du constructeur de véhicules électriques au Texas, étaient en passe d'être approuvées par une majorité d'actionnaires.

Le concepteur de semi-conducteurs Broadcom était aussi dans les nuages (+14,95%), après avoir publié des résultats supérieurs aux attentes et relevé ses prévisions pour l'ensemble de son exercice décalé (clôturé fin octobre). Les revenus tirés de l'intelligence artificielle atteignent désormais un quart du total.

La vieille économie n'était pas invitée à la fête, ce qui pénalisait le Dow Jones. Le secteur de la santé était particulièrement visé, l'assureur UnitedHealth (-1,45%) ou le laboratoire Amgen (-1,76%) s'enfonçant nettement dans le rouge.

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