LONDRES (Reuters) - Le procès intenté par deux opérateurs financiers contre la Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange, LME), et qui portera sur le chaos lié à la crise du nickel de mars 2022, débutera mardi.

Le LME, plus grande plateforme de négociation de métaux au monde, a déclenché la colère des investisseurs en mars 2022 en annulant environ 12 milliards de dollars (10,99 milliards d'euros) de transactions sur le nickel après une hausse record des prix.

Le hedge fund Elliott Associates et le teneur de marché Jane Street Global Trading ont engagé des poursuites pour un montant total de 472 millions de dollars, estimant que le LME avait manqué à ses responsabilités en annulant les transactions.

Le LME a rétorqué, dans un communiqué, que "toutes les mesures prises (...) étaient légales et ont été prises dans l'intérêt du marché".

La plainte déposée par Elliot et Jane Street sera examinée jusqu'à jeudi.

Si le LME était jugé coupable, un second procès serait organisé pour fixer le montant d'une indemnisation.

D'autres actions en justice ont été intentées contre le LME par d'autres hedge funds, qui ont accepté d'attendre qu'une décision soit prise dans l'affaire Elliott et Jane Street avant de poursuivre.

L'affaire dépasse le LME et déterminera dans quelles circonstances un opérateur d'une plateforme de négociation boursière a le droit d'annuler des transactions légitimes, selon des avocats.

(Reportage Eric Onstad, Pratima Desai, version française Corentin Chappron, édité par Blandine Hénault)

par Eric Onstad et Pratima Desai