Zurich (awp) - En sérieux manque d'impulsions pour la dernière séance de la semaine, la Bourse suisse s'enfonçait un peu plus profondément dans le rouge à l'approche de la mi-journée. La journée, dite des "trois sorcières", pourrait cependant se révéler volatile du fait d'une importante échéance d'options.

Pour cette journée des "trois sorcières", pas moins de 5500 milliards de dollars de contrats à terme sur indices, d'options, d'options sur actions et d'ETF arriveront à échéance, indique Ipek Ozkardeskaya, analyste star de Swissquote Bank. "Étant donné que nous nous trouvons à des niveaux psychologiquement cruciaux, irrationnellement élevés et mathématiquement surévalués, nous pourrions assister à des surprises et à des revirements de position", observe l'experte.

Du côté des informations macroéconomiques du jour, la hausse des prix à la consommation au Japon a accéléré en mai (+2,5% sur un an hors produits frais), après avoir ralenti en mars-avril. Le renchérissement, légèrement inférieur aux attentes, pourrait cependant être en trompe-l'oeil.

En France, le climat des affaires est resté stable en juin, demeurant juste sous sa moyenne de longue période pour le troisième mois consécutif. L'indicateur concernant l'emploi s'est cependant détérioré. Toujours dans l'Hexagone, L'activité du secteur privé s'est inscrite en recul en juin, pour le deuxième mois consécutif, pénalisée par une baisse de la demande, sur fond d'incertitude liée aux législatives, ont indiqué vendredi le cabinet S&P Global et la Hamburg Commercial Bank (HCOB).

Pour l'ensemble de la zone euro La reprise de l'activité du secteur privé s'est fortement essoufflée, l'indicateur pour le secteur manufacturier enregistrant même son plus fort repli depuis six mois, selon l'indice PMI Flash publié par S&P Global. Ce dernier a glissé à 50,8, contre 52,2 en mai, atteignant son plus faible niveau depuis trois mois.

Ce vendredi, les investisseurs se pencheront encore sur les indices PMIs flash en Grande-Bretagne et aux États-Unis pour le mois de juin.

A la Bourse suisse, le SMI, après un repli initial de 0,27% n'a cessé de creuser ses pertes en matinée, passant rapidement sous la barre des 12'100 points avant de toucher un plus bas du jour vers 10h30 à 12019,63 points. Dix minutes plus tard, l'indice phare notait à 12'030,16 points soit une chute de 0,81%. Le SLI dégringolait lui de 0,92% à 1944,94 points et l'indicateur élargi SPI de 0,79% à 15'991,06 points.

Parmi les trente valeurs constitutives du Swiss Leader Index, elles n'étaient plus que trois, à savoir le poids lourd Roche (bon +0,5% et action au porteur +0,4%) ainsi que Givaudan (+0,3%) à gagner du terrain. Vingt-cinq en perdaient, alors que le bon Lindt et la nominative Novartis, autre principale capitalisation du marché, faisaient du surplace.

Nestlé (-07%) restait pour sa part dans le camp des perdants de la matinée, la lanterne rouge ayant été reprise à ABB (-2,9%) par Holcim (-3%). Deutsche Bank a abaissé la recommandation du titre du géant zurichois de l'électrotechnique à "sell", contre "hold" précédemment. L'objectif de cours a été relevé à 45 francs suisses, contre 40 francs suisses.

UBS (-2,3%) était aussi à la peine, alors que Geberit (-0,7%) intégrait aussi les rangs des perdants, quand bien même le spécialiste st-gallois des salles d'eau et d'aisance a fait part du lancement d'un nouveau programme de rachat d'actions, après avoir bouclé celui portant sur l'acquisition de 1,26 million de ses propres titres.

Sur le marché élargi, le chimiste spécialisé dans le réactions à risques Dottikon ES décollait de 2,4% après avoir annoncé un changement dans son actionnariat, son patron et président Markus Blocher ayant réduit sa participation à 64,74%. Le fils de l'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher a placé 75'000 actions auprès d'un investisseur "à long terme" au prix unitaire de 260 francs suisses.

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