Zurich (awp) - Au lendemain du jour férié de la fête nationale, la Bourse suisse restait largement dans le rouge mercredi à l'approche de la mi-journée. Alors que l'essentiel de la saison des résultats semestriels est désormais passé, les investisseurs quittaient les marchés d'actions pour se replier vers ceux d'actifs moins risqués tels que les emprunt, après l'abaissement de la note de solvabilité des Etats-Unis.

L'agence de notation Fitch a retiré mardi aux Etats-Unis sa précieuse note "AAA" et l'a abaissée d'un cran à "AA+", une première depuis 2011, faisant notamment état d'une "érosion de la gouvernance" liée aux crises à répétition sur le plafond de la dette. L'annonce, survenue mardi soir, a provoqué une baisse immédiate d'environ 0,30% du dollar par rapport à l'euro, avant que le billet ne remonte.

Pour Michael Hewson, analyste de CMC Markets, la dégradation de la note des Etats-Unis a fait effet de déclencheur pour les investisseurs qui souhaitaient récupérer leurs gains après un mois de juillet porteur. Il ajoute que cela "stimule la demande pour les actifs refuges" comme les obligations et le dollar, qui revenait à la stabilité par rapport à la monnaie européenne.

Du côté des nouvelles macroéconomiques du jour, les chiffres d'affaires du secteur tertiaire ont connu en mai une nouvelle contraction en Suisse, la troisième en autant d'éditions de la nouvelle statistique provisoire de l'office fédéral dédié à cette activité (OFS).

Toujours en Suisse, le moral des directeurs d'achats a atteint en juillet un plancher qu'il n'avait plus épousseté depuis le printemps 2009, révèle l'indice PMI concocté par Credit Suisse et l'association Procure.ch. L'étiolement des carnets de commandes notamment engendre des doutes quant à un prochain redressement. Les entreprises affichent en outre la plus faible propension à l'achat depuis l'établissement des premiers relevés en 1995, nonobstant une stabilisation des prix et un amoindrissement des délais de livraison.

L'humeur des consommateurs suisses s'est quelque peu reprise au troisième trimestre. L'indice correspondant a atteint -27,1 points, après -29,6 points au partiel précédent. Il reste toutefois nettement inférieur à la moyenne pluriannuelle (-6 points), alors que l'inflation continue de grever le budget des ménages.

Après avoir débuté la séance sur une baisse de 1,37%, le SMI creusait encore ses pertes à l'approche de la mi-journée, notant peu avant 11h00 à 11'137,69 points, en baisse de 1,52%. Le SLI lâchait quant à lui 1,83% à 1756,35 points, alors que l'indicateur élargi SPI se contractait de 1,35% à 14'725,56 points.

A l'exception du poids lourd Nestlé, tout juste dans le vert à la faveur d'un infime gain de 0,06%, le reste des 30 valeurs constitutives du Swiss Leader Index cédaient du terrain, dans une fourchette entre -8,2% et -0,6%.

En bas de tableau, la toujours volatile AMS-Osram héritait de la lanterne rouge, dégringolant de 8,2%, Stifel ayant réduit son objectif de cours à 13 francs suisses, contre 13,50 francs suisses jusqu'alors. D'autres valeurs orientées technologies, telles que Sonova (-4,0%), Temenos (-3,9%), ou encore VAT Group (-3,8%) étaient aussi en souffrance.

Le gestionnaire de fortune Julius Bär (-3,5%) était également chahuté, tout comme Richemont et Swatch Group (-3,0% tous deux). Le titre de l'horloger biennois et celui de son concurrent Richemont souffraient de l'abaissement de l'objectif de cours par Julius Bär. La joaillerie Piaget, une des marques détenues par le géant du luxe genevois et située rue de la Paix, en plein coeur de Paris, a été braquée mardi par trois personnes qui ont pris la fuite avec un butin estimé entre 10 et 15 millions d'euros, a-t-on appris de source policière et auprès du parquet de Paris.

Givaudan (-1,7%) n'échappait pas au mouvement de repli général, après la publication par le groupe fusionné DSM-Firmenich de résultats semestriels en repli. De plus, la direction s'est montrée pessimiste pour le reste de l'exercice en cours et ne prévoit pas d'amélioration.

Les deux autres plus grosses capitalisations du marché, les pharmas Roche (-1,0%) et Novartis (-1,6%) se montraient à peine plus résistantes.

En haut de tableau, le géant veveysan de l'alimentation était suivi par le chocolatier Lindt (-0,6%) et la défensive Swisscom (-0,6%).

Holcim (-0,6%) s'illustrait aussi parmi les titres les plus résistants. Le géant zougois des matériaux de construction a acquis pour un montant non dévoilé l'allemand Cooper Standard Technical Rubber (CSTR), spécialisé dans les composants en caoutchouc pour la couverture de bâtiments. Schindler reculait de 1,4%.

Le fabricant d'ascenseurs et d'escaliers mécaniques Schindler (-1,6%) a étendu son partenariat avec le comté de Miami-Dade, en Floride. Le montant est estimé à 12 millions de dollars (10,5 millions de francs suisses) par an, hors réparations et travaux de modernisations.

Sur le marché élargi, Interroll montait de 1,6%. Le spécialiste de solutions logistiques a vu ses résultats s'effriter au cours du premier semestre. Toutefois, au vu du maintien des mégatendances au niveau de la demande, la direction affiche son optimisme pour la suite des opérations.

vj/al