Pékin, qui figure également au rang de premier acheteur de pétrole vénézuélien et d'importateur majeur de brut russe, a mis à profit ses achats auprès de ces trois pays sous sanctions occidentales pour économiser des milliards de dollars sur sa facture d'importation au cours des dernières années.
QUEL EST LE VOLUME DE PÉTROLE IRANIEN ACHETÉ PAR LA CHINE ?
La Chine absorbe plus de 80% des exportations maritimes de pétrole iranien, selon les données 2025 du cabinet d'analyse Kpler. Le brut iranien ne dispose que d'un bassin d'acheteurs limité en raison des sanctions américaines visant à tarir le financement du programme nucléaire de Téhéran.
L'an dernier, la Chine a acquis en moyenne 1,38 million de barils par jour (bpj) de pétrole iranien, d'après Kpler. Cela représentait environ 13,4% des 10,27 millions de bpj importés par voie maritime.
QUI SONT LES PRINCIPAUX ACHETEURS CHINOIS DE BRUT IRANIEN ?
Les raffineurs indépendants chinois, surnommés "teapots" et principalement basés dans la province du Shandong, sont les principaux acquéreurs de brut iranien, attirés par la décote qu'il présente par rapport aux barils non sanctionnés.
Ces "teapots" représentent environ un quart de la capacité de raffinage chinoise. Ils opèrent avec des marges étroites, voire négatives, et ont été fragilisés récemment par une demande intérieure atone pour les produits raffinés.
Les grandes compagnies pétrolières d'État chinoises s'abstiennent d'acheter du pétrole iranien depuis 2018/2019, selon des négociants et des experts.
QUELLE EST L'AMPLEUR DE LA DÉCOTE DU PÉTROLE IRANIEN ?
Le brut Iranian Light s'est négocié avec une décote d'environ 8 à 10 dollars par baril par rapport au Brent de l'ICE (livraison Chine) depuis décembre, contre environ 6 dollars en septembre, indiquent des traders. Cela signifie que les raffineurs chinois économisent entre 8 et 10 dollars par baril en optant pour l'Iranian Light plutôt que pour le brut d'Oman, non sanctionné, d'après les calculs d'un négociant et de Reuters.
En février, la décote de l'Iranian Light s'est accentuée pour dépasser les 10 dollars. Depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, les transactions sur le pétrole iranien se sont référiées. Les rares contrats conclus l'ont été avec une décote de 9 dollars par baril.
Les décotes se sont légèrement réduites en raison des incertitudes sur l'offre à mesure que le conflit s'intensifiait.
Energy Aspects estimait le 19 mars que 130 à 140 millions de barils de pétrole iranien étaient stockés en mer ("oil-on-water"), soit l'équivalent de moins de 14 jours des pertes de production actuelles au Moyen-Orient.
Les données de Kpler évaluent les derniers stocks flottants iraniens à 171,6 millions de barils.
LES SANCTIONS AMÉRICAINES ONT-ELLES UN IMPACT ?
Washington a rétabli des sanctions contre Téhéran en 2018, et l'administration du président américain Donald Trump a imposé plusieurs nouvelles séries de sanctions sur le commerce de pétrole iranien depuis son entrée en fonction l'an dernier.
Les sanctions de Trump ont notamment visé trois "teapots" chinois, ce qui a contraint plusieurs indépendants de taille moyenne à réduire leurs achats par crainte d'être inscrits sur liste noire, a rapporté Reuters.
QUELLE EST LA POSITION DE PÉKIN SUR LE COMMERCE DE PÉTROLE IRANIEN ?
Pékin rejette les sanctions unilatérales et défend la légitimité de ses échanges commerciaux avec l'Iran.
Le pétrole iranien importé par la Chine est généralement présenté par les négociants comme provenant d'autres pays, tels que la Malaisie, plaque tournante majeure du transbordement, ou l'Indonésie.
Les statistiques douanières chinoises ne font plus apparaître aucune expédition de pétrole en provenance d'Iran depuis juillet 2022.


















