La semaine démarre sous de bons auspices sur l'obligataire pour nos OAT qui réduisent leur 'spread' de -3,5Pts avec le Bund.
Le Bund remonte de +2Pts à 2,4275% et l'OAT affiche -1,5Pts à 3,149%, cette embellie survient alors que le patronat et les milieux d'affaires se disent un peu rassurés par le programme du RN (présenté ce lundi) qui écarte les promesses trop coûteuses et la remise en cause de la retraite à 64 ans (en se limitant à des 'aménagements', notamment en avançant l'âge de départ à 62 ans pour 42 ans de carrière).

Même si le programme est encore flou, surtout au niveau des recettes, il semble y avoir une volonté de ne pas provoquer un 'effet Hollande' (une fuite des capitaux).
Le RN envisage cependant de supprimer un avantage fiscal accordé aux armateurs (taxes allégées en période de pic d'activité)... une mesure contestée et un test sur la détermination à l'appliquer.

Le programme du nouveau Front Populaire -pas encore finalisé- semble bien plus disruptif avec un coût allant de 20Mds$ à 100MdsE (selon les voeux de l'ultra-gauche) et l'hypothèse d'un bon score le 30 juin à 20H00 n'est pas à écarter formellement.
Les investisseurs devraient donc se montrer peu enclins à la prise de risques avant la tenue du premier tour des élections législatives, dont l'issue s'avérera déterminante pour l'avenir du pays.

'Pour l'instant, les investisseurs étrangers sont attentistes mais ils commencent à envisager deux scénarios catastrophe : une grande coalition au sein de laquelle LFI aurait un pouvoir de nuisance économique important ou l'absence de majorité absolue pour le RN qui pourrait déboucher sur une démission du président de la République', souligne Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.

'Tout cela est évidemment très hypothétique', tempère toutefois l'analyste de marchés.

'N'oublions pas que la France a prévu d'emprunter massivement sur les marchés en juillet. Il va falloir rapidement rassurer', prévient-il.

Un sondage Ipsos donne actuellement le Rassemblement National et ses alliés autour de 35,5% des intentions de vote, suivis du Nouveau Front Populaire en deuxième position avec 29,5% des voix.

Côté macro-économie, l'indice Ifo du climat des affaires, calculé à partir d'un échantillon de quelque 9.000 entreprises, a reculé à 88,6 contre 89,3 en mai, c'est son plus bas de trois mois.
La détérioration plus nette que prévue de la confiance des entreprises allemandes en juin, montre que la première économie d'Europe n'est pas encore sortie de l'ornière.

Aux Etats Unis, aucun 'market mover' ce lundi et quelques questionnements se font plus prégnants à quelques jours du premier débat entre Joe Biden et Donald Trump, programmé ce jeudi, en vue de l'élection présidentielle du mois de novembre aux Etats-Unis.
Joe Biden sera t'il en mesure de donner la réplique à Donald Trump et surmonter un débat qui pourrait être 'sans concession' ?

Les marchés devraient par ailleurs rester en proie aux incertitudes concernant le rythme de l'inflation Outre-Atlantique.

Dans ce contexte, les intervenants suivront avec attention la publication vendredi de l'indice d'inflation 'PCE', particulièrement surveillé par la Fed.
Pour l'heure, les investisseurs américains décident de ne rien décider : les T-Bonds US restent figés à 4,265% (+1Pt symbolique).

Outre-Manche, les 'Gilts' britanniques se dégradent en solo de +3,3Pts vers 4,114%, retrouvant leurs niveaux du 13 juin.



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