La BCE a baissé ses taux à 8 reprises - entre juin 2024 et juin 2025 - et maintient depuis son principal taux directeur à 2%. A ce niveau, on estime que la politique monétaire est neutre ; elle ne stimule pas l’économie, mais ne la freine pas non plus.
Mais depuis l’été, l’idée que la BCE devrait encore procéder à une ou deux baisses de taux supplémentaires restait sur la table.
La conversation a toutefois changé au cours des dernières semaines. En effet, l’économie européenne a mieux résisté que la plupart des prévisions aux droits de douane américains et les derniers chiffres d’inflation ont un peu surpris à la hausse.
Résultat, plus question de parler de baisse de taux. Au contraire, ce sont les faucons qui se sont engouffrés dans la brèche. La semaine dernière, Isabel Schnabel, membre faucon du directoire de la BCE, déclarait à Bloomberg partager "les attentes du marché selon lesquelles le prochain mouvement sera une hausse".
Mais c’est plutôt un statu quo prolongé qui est désormais le scénario central. La BCE estime être "bien positionnée" et il faudrait que le scénario économique soit vraiment différent des prévisions (croissance nettement plus faible ou inflation plus forte) pour que la BCE ajuste ses taux dans les prochains mois.
En conférence de presse, Christine Lagarde n’a d’ailleurs donné aucune indication, se retranchant toujours derrière les éléments de langage habituels : la BCE n’est pas "pré-engagée", il n’y a pas de "trajectoire de taux prédéfinie".
Le statu quo est renforcé par les nouvelles projections économiques de la BCE. Par rapport au mois de septembre, la croissance a été relevée, passant de 1% à 1.2% pour 2026. Et la BCE anticipe une inflation à 1,9% en 2026, soit au-dessus de sa précédente estimation de 1,7%.

Source : BCE
La BCE estime que l’inflation "devrait se stabiliser au niveau de l'objectif de 2% à moyen terme". La première projection pour 2028 montre d’ailleurs une hausse des prix de 2,0% à cet horizon.
Il faudra toutefois surveiller le change dans les prochains mois. Si l’euro continue à s’apprécier face au dollar, cela diminuera l’inflation importée et pénalisera les exportateurs européens. Cette année, l’eurodollar a gagné 13%. Un mouvement de même ampleur l’année prochaine pourrait conduire à des baisses de taux supplémentaires.


















