Après un début d’année franchement timide et dans la lignée des derniers exercices, le prestataire allemand a renoué avec une dynamique plus encourageante au deuxième trimestre. Le marché a été agréablement surpris par cette bonne performance et le titre a gagné 8 %.
Depuis 2021, l’activité de Bechtle est restée pénalisée par le faible niveau des investissements privés, qui représentent encore près des deux tiers du chiffre d’affaires, en particulier dans l’industrie et les services en Allemagne et en France, ses deux plus gros marchés. Mais lors de ce deuxième trimestre, le groupe a constaté une reprise de la demande publique qui est portée par les plans de relance décidés par le gouvernement allemand pour remettre l’économie sur le chemin de la croissance. Les effets sont encore peu visibles dans les chiffres puisque le marché domestique (l’Allemagne) affiche une décroissance de 3,4 % et la France fait guère mieux. Heureusement, les marchés étrangers compensent, notamment au Benelux et au Royaume-Uni (+7,2 %).
Les impacts devraient être plus tangibles au second semestre. La direction se montre confiante. Les synergies issues des acquisitions récentes avec E-Storage aux Pays-Bas (cyber-résilience) et Grupo Solutia en Espagne (fort ancrage auprès des administrations), devraient également jouer à plein, tout comme certains catalyseurs de marché tels que la fin du support Windows 10 et le plan de modernisation des infrastructures IT outre-Rhin.
Inutile de comparer avec l’an dernier, la base de comparaison étant faussée par un élément exceptionnel. Le regard se tourne donc vers l’avenir pour faire oublier ces quatre exercices décevants. Il faut dire qu’auparavant, Bechtle affichait un vrai profil de croissance avec un CAGR (progression annuelle moyenne) de 14,1 % entre 2015 et 2021. Pour 2025, les objectifs sont maintenus avec une croissance du volume d’affaires attendue entre 0 et 5 %.
Pour respecter cette feuille de route, une nette accélération sera nécessaire au second semestre. Mais les bonnes nouvelles de reprise sont d’autant plus appréciées que certains concurrents, comme Cancom, restent prudents et abaissent leurs prévisions. La visibilité demeure limitée et le retour à une croissance à deux chiffres paraît encore lointain. Mais Bechtle semble sortir de la zone de turbulences dans laquelle il évoluait depuis plusieurs années. Les prochaines publications permettront d’y voir plus clair dans un environnement macroéconomique tendu. Car, après tout, Bechtle n’a fait que des promesses. Et comme le dit si bien le dicton, en bourse comme ailleurs, les promesses n’engagent que ceux qui les croient.
Mais avec son équipe dirigeante solide (Thomas Olemotz est directeur général depuis 2010) et un bilan robuste (522 M€ de liquidités), le groupe dispose de marges de manœuvre. À seulement 20 fois les profits attendus cette année, la valorisation laisse de la place pour une belle progression si les nouvelles confirment la tendance.

























