L'arrivée de la famille Saadé chez Carrefour, en lieu et place de la famille Diniz (holding Peninsula), ne déchaîne pas les passions. Le titre du distributeur frémit en hausse de 1,7%, pour atteindre 13,50 EUR. Depuis un an, le titre évolue entre 11,58 et 15,14 EUR. 11,58 EUR, c'est aussi le plus bas des dix dernières années. L'action a donc du mal à décoller. Il faut remonter cinq ans en arrière pour la retrouver au-dessus de 20 EUR.
La sortie de Peninsula est un peu plus complexe qu'il n'y paraît. Geoffroy Michalet (Oddo BHF) explique que le holding détenait 8,5% du capital en date de juin dernier, et que les titres étaient nantis au profit de banques. Si les Saadé ont racheté 4%, c'est possiblement auprès de ces établissements, qui détiennent encore environ 4,5% du tour de table. Cela pourrait faire l'objet d'un placement ultérieur.

Quant à l'intention des Saadé, elle interroge. Michalet ne voit aucune synergie avec la CMA CGM. Les nouveaux entrants pourraient se renforcer, ce qui enverrait un signal positif, mais le marché a avalé trop de couleuvres sur le dossier pour croire au conte de fées dès le prologue.

Même en intégrant les dividendes, c'est poussif...
Carrefour affiche un parcours boursier quelconque sur les cinq dernières années, et clairement décevant sur le long terme, même en intégrant les dividendes versés. L'histoire est peut-être en train de changer un peu avec la mise en vente de certains actifs internationaux en souffrance, mais la concurrence féroce qui perdure sur le marché français n'offre que peu d'espoir de retournement spectaculaire.
Le groupe avait eu les honneurs de notre rubrique "Fallait pas l'Inviter" en 2024 pour l'ensemble de son œuvre. Les tenants et les aboutissants des difficultés de Carrefour n'ont pas beaucoup changé depuis, même si un rendement du dividende de plus de 7% aide à faire passer la pilule à ceux qui sont scotchés sur le titre.



















