Les derniers indicateurs confirment cette résilience. La croissance du PIB américain au premier trimestre a été révisée à 2,1%, tandis que les dépenses de consommation progressent encore de 0,7% sur un mois, bien au-dessus des attentes. La consommation réelle demeure en hausse de 2,1% sur un an, soutenue notamment par les baby-boomers, dont le patrimoine net approche désormais 89.000 milliards de dollars. Malgré des enquêtes de confiance encore faibles, le consommateur américain continue donc de porter l'expansion.
Le marché du travail ne montre toujours aucun signe de rupture. Les inscriptions hebdomadaires au chômage restent proches de leurs plus bas historiques et les dépenses des ménages demeurent solides. En parallèle, les commandes de biens d'équipement ("core capital goods") atteignent un nouveau record, illustrant la poursuite du cycle massif d'investissements liés à l'intelligence artificielle et aux infrastructures numériques.
En revanche, le combat contre l'inflation est loin d'être gagné. Le PCE ressort désormais à 4,1% sur un an, tandis que le Core PCE atteint 3,4%. Plus inquiétant encore, l'indicateur de Supercore inflation grimpe à 3,9%, signe que les tensions dépassent largement le seul effet du pétrole. La baisse récente du brut devrait progressivement soulager les statistiques à partir de l'été, mais les investissements massifs dans les centres de données, les infrastructures électriques et les réseaux continuent d'alimenter les coûts de production.
Les marchés obligataires commencent toutefois à entrevoir une amélioration. Les anticipations d'inflation de l'Université du Michigan reculent légèrement, à 4,6% sur un an et 3,3% à cinq ans, tandis que les probabilités d'une hausse des taux de la Fed diminuent modestement. Les investisseurs restent néanmoins prudents : une croissance aussi robuste rend peu probable un assouplissement monétaire rapide.
Le scénario central reste donc celui d'un atterrissage en douceur : une économie américaine qui ralentit légèrement mais continue de croître, une inflation qui reflue progressivement sans disparaître complètement, et des marchés qui élargissent progressivement leur leadership au-delà des seules valeurs technologiques. Le principal risque demeure celui d'une inflation de services suffisamment persistante pour retarder encore les futures baisses de taux de la Fed.
En attendant, le dollar (DXY) en profite et vient de sortir par le haut d’une zone de congestion en cours depuis un an, ouvrant ainsi la voie à une poursuite de la hausse en direction des 102.70/85 voire des 104.05/60. Le premier soutien se situe à 100.20. En parallèle, l’euro a également enfoncé les 1.1415 pour une poursuite de la baisse en direction des 1.1180/30.



















