Même si le principe de précaution s'impose, rappelons qu'aucun cas de maladie grave causé par les produits Danone rappelés n'a jusqu'ici été officiellement confirmé.

Il s'agit néanmoins d'un réel contrecoup pour le géant français de l'agroalimentaire, qui connaissait depuis la fin de la pandémie et la nomination d'Antoine de Saint-Affrique une belle séquence boursière, doublée d'un satisfecit général de ses actionnaires après les errements de l'ère Faber.

Voir à cet égard Danone rompt enfin avec une pénible période de stagnation publié en février dernier dans ces mêmes colonnes, et Danone : les volumes balaient les doutes.

C'est même une double mauvaise nouvelle pour le groupe, dont l'un des axes essentiels de croissance externe était justement de doubler la mise dans la nutrition infantile avec le possible rachat de l'américain Mead Johnson, lui-même sévèrement égratigné par divers scandales dans le passé.

Aux prises avec un plafond structurel de croissance, et après sa douloureuse sortie de Russie, Danone est pressé par ses actionnaires d'accélérer sur sa stratégie de croissance externe. En automne 2024, il avait formulé une offre extrêmement généreuse pour le groupe de kéfir Lifeway.

À défaut d'acquisitions, c'est d'une possible cession d'actifs dans son segment eau en bouteille - sauf Evian - qui pourrait exciter les appétits de fonds activistes. Trop concurrentielle et peu rentable, cette activité n'offre pas le même potentiel que la nutrition spécialisée.

En l'état, faute d'inflexion réelle au niveau des résultats, et même après la chute récente du cours du titre, la valorisation reste à de nombreux égards relativement élevée. 

D'autant que les analystes, qui ont récemment revu à la hausse leurs estimations d'investissement sur les trois prochaines années, anticipent un profit cash - ou cash flow libre - annuel de 2,6 milliards d'euros en moyenne entre 2025 et 2027.

Rapporté à une capitalisation boursière de 43 milliards d'euros - soit un multiple de x16-x17 de cette capacité bénéficiaire attendue - et un rendement sur dividende d'à peine 3,3 %, on peine à distinguer ici un point d'entrée franchement alléchant.