Au premier semestre, ID Logistics a enregistré un chiffre d’affaires de 1,76 milliard d’euros, en progression de 16% sur un an. La dynamique commerciale reste particulièrement solide, nourrie par quatorze nouveaux contrats depuis janvier. La marge opérationnelle ressort à 3,7%, quasi stable malgré les importants coûts de démarrage. 

Cette performance, une nouvelle fois très robuste, illustre la capacité du groupe à absorber ses acquisitions et les décisions stratégiques sans compromettre la situation financière et la rentabilité. Pour faire un petit retour en arrière, ID Logistics avait frappé fort en 2022 avec le rachat de l’américain Kane Logistics dans le cadre de l’une des opérations les plus importantes de son histoire. En Pologne, le groupe a racheté Spedimex en Pologne tandis qu’il est entré au Royaume-Uni avec l’inauguration de deux grands sites logistiques, l’un à Northampton en 2023 et le second prévu pour le troisième trimestre de cette année à Leeds. Enfin, ID Logistics va s’implanter dans son 19e pays, le Canada. Un site va être ouvert à Toronto pour le compte d’un client historique. Le communiqué ne mentionne pas le nom mais on peut imaginer qu’il s’agit d’Amazon au vu de la formulation et de la relation entre les deux partenaires.  

Alors, certes, ID Logistics détient à peine 1% des parts de marché aux Etats-Unis. Mais l’activité est très soutenue et le pays représente désormais 18% des recettes du groupe. Plus globalement, ID Logistics est en train de mettre en place ses pions à l’international puisqu’il s’agit, depuis une dizaine d'années, du principal relais de croissance. C’est en 2017 que les revenus tirés de l’international ont dépassé pour la première fois ceux de la France. Ils sont désormais près de trois fois supérieurs. 

ID Logistics dispose encore d’un large potentiel de développement. En dix ans, son chiffre d’affaires a été multiplié par 3,5 sans que la rentabilité ne se dégrade. Les marges demeurent modestes dans l’absolu (la marge nette a oscillé entre 0,9 % et 2,3 % au cours de la période) mais l’entreprise n’a jamais connu d’exercice déficitaire. Rapportées aux standards du secteur, ces marges sont particulièrement remarquables.

Ce développement s’est accompagné d’une structure financière saine puisque l’endettement est toujours limité à seulement 2,2x l’EBITDA malgré 80 millions d’euros d’investissements sur ce premier semestre.

Les investisseurs auront d’autant plus de raisons d’être confiants que tout cela intervient dans un contexte assez favorable. Car, malgré un environnement économique délicat, la seconde partie de l’année reste traditionnellement plus porteuse en volumes grâce au calendrier qui inclut notamment les fêtes de fin d’année. Dès lors, tant que la politique douanière ne ravive pas les craintes de récession, la dynamique demeure positive pour le français. Les ouvertures de sites devraient se poursuivre à bon rythme pour continuer de doper la croissance. 

Cet excellent ensemble a un prix élevé puisque la société se négocie à plus de 40 fois ses profits pour cette année. Mais sans signe de faiblesse et avec une telle visibilité, cela semble pleinement justifié.