Les marchés financiers ont récemment basculé dans une phase de nervosité marquée, après plusieurs semaines dominées par l’optimisme sur les bénéfices et l’intelligence artificielle.
A Paris, le CAC 40 vient d'enchaîner six séances consécutives de baisse, pour revenir au contact des 8500 points.
Depuis son record de clôture inscrit le 10 août à 8.726,03 points, l’indice parisien a ainsi perdu près de 2,5%, signe d’un mouvement de consolidation désormais alimenté par des facteurs macroéconomiques plus lourds que de simples prises de bénéfices estivales.
Le principal choc est venu du marché obligataire. Les rendements longs ont atteint des niveaux rarement observés depuis la crise financière: l’OAT française à dix ans a flirté avec 4,11%, au plus haut depuis 2008, tandis que le Bund allemand de même échéance évoluait autour de 3,26%.
Aux Etats-Unis, le Treasury à trente ans a touché 5,34%, un sommet depuis 2007. Cette remontée brutale du coût du capital a ravivé les inquiétudes sur la soutenabilité des dettes publiques et sur la valorisation des actions, en particulier celles des secteurs de croissance.
Le regain de tension au Moyen-Orient a constitué l’autre catalyseur majeur. Donald Trump a affirmé que les discussions avec Téhéran étaient rompues, tandis que le blocage du détroit d’Ormuz continuait de peser sur les flux pétroliers. Le Brent s’est maintenu largement au-dessus de 90 dollars, nourrissant la crainte d’une inflation plus durable.
Cette combinaison pétrole cher, taux élevés et incertitude géopolitique a ravivé le spectre d’un environnement de stagflation. A Paris, les valeurs technologiques et liées aux semi-conducteurs ont été sévèrement sanctionnées: STMicroelectronics et Soitec "en tête" dans le sillage du repli des puces à Wall Street. Le message des marchés est clair: après l’euphorie, le prix de l’argent redevient l’arbitre central. Les décisions des banques centrales en septembre seront vraisemblablement le prochain catalyseur.
Graphiquement, après avoir enregistré un nouveau record absolu à 8755 points, le CAC 40 amorce un mouvement de consolidation. La zone des 8500 points devra désormais engendrer une réaction positive sous peine d'une mouvement de plus forte ampleur qui pourrait ramener l'indice vers les 8380 points voire 8250 points.
CAC 40: La nervosité resurgit




















