Les centres de données représentent désormais un peu plus d’un quart du chiffre d’affaires, un niveau comparable à celui de Schneider Electric. Legrand a généré 2,4 milliards d’euros de revenus sur ce segment cette année, grâce notamment à une forte progression aux États-Unis, qui pèsent 45% du marché mondial des data centers. Nette hausse donc, par rapport aux 700 millions d’euros réalisés en 2020.
Même si l’EBITDA du concurrent français est d’un ordre de grandeur équivalent au chiffre d’affaires de Legrand, les marges et les perspectives de croissance à l’horizon 2030 apparaissent proches pour les deux acteurs avec une croissance organique attendue entre 7 et 10% pour Schneider.

Le résultat opérationnel ajusté s’établit à 2 milliards d’euros en 2025, avec une marge de 20,7%, parmi les meilleures du secteur. Cette année, Legrand parvient à convertir en cash-flow libre un montant supérieur à son résultat net.
Le groupe limougeaud poursuit sa stratégie d'acquisitions. Elles sont au nombre de 7 en 2025, pour un total de 1,3 milliard d’euros, et deux nouvelles opérations ont été annoncées lors de la publication des résultats cette semaine. Dans le même temps, Legrand a levé de la dette pour 1,5 milliards, mais l'endettement global reste toutefois inférieure aux réserves accumulées.

Une stratégie cohérente pour renforcer sa présence sur le marché des centres de données, où Legrand reste encore un acteur de taille limitée. Benoît Coquart indique ainsi que le groupe surveille 400 entreprises.

Pour l’an prochain, Legrand vise une croissance de 10 à 15% de son chiffre d’affaires, dont 4 à 7% en organique. À l’intérieur de cette croissance organique, le groupe anticipe une progression de 10 à 20% des activités liées aux data centers. Cela suggère que le groupe ne s’attend toujours pas à une reprise du segment bâtiment, qui reste sous pression.

Ces résultats sont aussi l’occasion de dévoiler le plan quinquennal à horizon 2030. Legrand vise une croissance annuelle moyenne d’environ 10%, pour porter son chiffre d’affaires à 15 milliards d’euros. Le groupe commence ainsi à confirmer les attentes liées à son potentiel dans les data centers, après une période de faible croissance des revenus, avec un CAGR de 1,84% entre 2022 et 2024.