En dollars constants, la croissance du chiffre d'affaires est quasi nulle sur les douze derniers mois, tandis que le profit d'exploitation subit l'effet d'une compression des marges - résultat direct d'une concurrence vive depuis que Lululemon a popularisé le yoga wear.
Cette stagnation a lieu malgré des ouvertures de nouveaux magasins et des stocks en forte augmentation. L'ensemble pèse sur les flux de trésorerie et contraint le groupe à réduire d'un bon quart ses rachats d'actions. Regrettable développement, vu la dégringolade continue du cours du titre sur la période.
Zonebourse avait déjà souligné qu'ayant saturé le marché américain à la vitesse de l'éclair, Lululemon avait parié sur la Chine pour maintenir son impressionnant rythme de croissance. Voir à cet égard Lululemon joue son va-tout sur la Chine, publié en mars 2025 dans ces mêmes colonnes.
Si la recette fonctionne bien en Asie, elle ne fait hélas qu'absorber le recul des ventes observé en Amérique du Nord, qui représente toujours 71 % du chiffre d'affaires consolidé, contre 75 % l'année précédente.
Suite au limogeage de Calvin McDonald, Lululemon n'a plus de directeur général depuis quelques semaines. En coulisses, le mercuriel fondateur Chip Wilson conserve une influence démesurée, et demeure en conflit ouvert avec le conseil d'administration qui représente ses coactionnaires.
Bien capitalisé, Lululemon est valorisé en bourse à douze fois son bénéfice. Les fans de la marque observeront qu'il s'agit sans doute d'un niveau attractif pour qui souhaiterait acquérir des actions.
Les observateurs moins passionnés noteront pour leur part que le marché avait parfaitement anticipé le très net ralentissement de la croissance, en particulier suite à l'émergence d'une redoutable concurrence décidée à disputer à Lululemon ses marges tout à fait hors normes, et à vrai dire intenables.
Preuve est à nouveau faite que dans le secteur du textile, certes sujet à de puissants effets de mode, il reste très difficile de défendre un quelconque pricing power dans la durée. Lululemon n'est ici qu'un énième exemple, qui rejoint le bataillon déjà très fourni de marques autrefois stars mais désormais tombées de leur piédestal.
Maintenant que le va-tout sur la Chine semble fonctionner - ce qui est en soi une bonne nouvelle - c'est sur son marché domestique que Lululemon doit absolument redresser la barre. Face à une concurrence pléthorique et un paysage saturé, les espoirs de retrouver les parts de marché perdues semblent cependant bien minces.



















