Une grande partie de l'Asie sera en congé pour célébrer le Nouvel An lunaire alors que commence l'année du cheval de feu, une combinaison rare qui, dit-on, associe énergie et volatilité.

Les marchés espèrent déceler des signes du premier élément dans les résultats du géant de la consommation Walmart, tandis que les bénéfices des groupes miniers européens devront composer avec la seconde dans des marchés des matières premières chahutés. Les indicateurs économiques avancés et les données britanniques arriveront au compte-gouttes toute la semaine, et l'Indonésie fait face à une décision cruciale de sa banque centrale.

Voici tout ce qu'il faut savoir sur la semaine à venir sur les marchés financiers, par Gregor Stuart Hunter à Singapour, Lewis Krauskopf à New York, ainsi qu'Amanda Cooper, Samuel Indyk et Karin Strohecker à Londres.

1/BIENVENUE AU CLUB

Fraîchement auréolée du cap des 1 000 milliards USD de capitalisation, Walmart publiera ses résultats trimestriels, offrant un aperçu de la consommation des ménages dans le sillage de données économiques américaines mitigées.

Le rapport de Walmart, attendu jeudi, arrive après la publication de chiffres montrant que les ventes au détail aux États-Unis en décembre sont restées inopinément stables, laissant entrevoir une croissance plus modérée des dépenses de consommation à l'approche de 2026, bien qu'un rapport sur l'emploi très robuste en janvier ait dissipé certaines inquiétudes sur un affaiblissement économique.

Walmart ouvrira la voie à une série de publications d'autres distributeurs dans les prochaines semaines, dont Home Depot, Lowe's et Target. Les données économiques à surveiller incluent la première estimation du PIB du quatrième trimestre, une enquête mensuelle sur le moral des consommateurs et l'indice des dépenses de consommation personnelle, un indicateur clé de l'inflation.

2/MÉTAL LOURD

Les quatre plus grands groupes miniers européens : Rio Tinto, Glencore, Anglo American et Antofagasta, publieront leurs résultats cette semaine, alors que certains des métaux qu'ils exploitent ont atteint de nouveaux sommets.

Cuivre, or, argent et autres métaux précieux ont récemment battu des records ; toutefois, la flambée continue observée en janvier s'est faite plus sporadique ce mois-ci.

La demande pour les métaux est bien documentée. Les centres de données ont besoin de cuivre, tout comme les infrastructures électriques nécessaires au déploiement de l'IA. L'incertitude politique américaine et les craintes sur l'indépendance de la Réserve fédérale ont propulsé l'or – et dans une moindre mesure l'argent – à la hausse.

Cette envolée a permis à la capitalisation boursière des quatre groupes de gagner plus de 65 milliards USD depuis le début de l'année, et ce, malgré l'abandon du projet de fusion entre Glencore et Rio Tinto. Les résultats du secteur pourraient déterminer si cette tendance se poursuit.

3/FLASH : AAH !

Beaucoup des incertitudes qui pesaient sur les entreprises du monde entier, de l'Europe aux moteurs de la « Factory Asia », il y a un an – notamment les droits de douane américains – ne se sont pas vraiment dissipées, mais elles sont aujourd'hui mieux maîtrisées.

Cela se reflète dans les enquêtes mondiales sur l'activité des entreprises, qui ont montré en janvier un regain dans la plupart des grandes économies.

Les services gagnent en dynamisme alors que les tensions sur les prix continuent de s'atténuer, tandis que l'industrie manufacturière reste un frein. Ces enquêtes ne se contentent pas de dresser un constat. Les sous-indices sur les nouvelles commandes, l'emploi et les prix donnent un aperçu de la préparation des entreprises pour les mois à venir.

Avec de nombreuses incertitudes sur la sécurité de l'emploi à long terme et les marges des entreprises face à l'essor de l'intelligence artificielle, les investisseurs scruteront sans doute avec une attention accrue les enquêtes flash sur les directeurs d'achat de février.

4/EMPLOIS, PRIX ET DROWNING STREET

Les données sur le marché du travail britannique et l'inflation offriront de nouvelles matières à réflexion aux marchés, alors que les investisseurs digèrent encore les conséquences de la récente instabilité au sein du gouvernement du Premier ministre Keir Starmer.

Les chiffres sur l'emploi attendus mardi indiqueront si le ralentissement progressif de la croissance salariale – suivi de près par la Banque d'Angleterre – se poursuit.

L'attention se portera mercredi sur l'inflation de janvier. L'indice a atteint 3,4 % en décembre, en baisse par rapport à un sommet de plus de 11 % en 2022, mais reste le plus élevé du G7. Si la baisse des prix de l'énergie attendue en avril devrait rapprocher l'inflation de l'objectif de 2 % de la Banque d'Angleterre, ce recul s'explique en grande partie par des facteurs ponctuels.

Sur fond de tensions politiques pesant sur la livre et les obligations britanniques, les marchés seront très réactifs à toute variation, alors que Fitch doit réévaluer la note du Royaume-Uni vendredi.

5/AVERTISSEMENTS SÉVÈRES

La réunion de politique monétaire de la Banque d'Indonésie jeudi sera scrutée de près après la menace de MSCI d'un déclassement vers le statut de marché frontalier le mois dernier, ce qui a entraîné une dégringolade de 80 milliards USD – la pire depuis la crise financière asiatique de 1998.

Peu après, Moody's a abaissé la perspective de la note de crédit du pays, tandis que le concurrent FTSE a annoncé le report d'une révision de son indice.

La banque centrale pourrait reprendre son cycle d'assouplissement après avoir abaissé ses taux de 150 points de base entre septembre 2024 et septembre 2025.

Ailleurs, mercredi, la Banque de Réserve de Nouvelle-Zélande annoncera sa première décision de politique monétaire depuis l'arrivée de la gouverneure Anna Breman, transfuge de la Riksbank suédoise, en décembre. Breman devrait maintenir les taux, mais la reprise économique est suffisante pour que son prochain mouvement soit une hausse – peut-être dès septembre.