Nous allons enfin pouvoir arrêter de faire le décompte du nombre de jours de fermeture du gouvernement américain. Hier, Donald Trump a promulgué la loi mettant fin au plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis, qui aura donc duré 43 jours.

Où sont les données ?

Un shutdown qui a entrainé des perturbations dans les aéroports, l’arrêt des programmes d’aide alimentaires, la fermeture des musées et des parcs nationaux, mais aussi empêché la publication de nombreuses statistiques économiques.

En effet, depuis le 1er octobre, seul le CPI (indice d’inflation) du mois de septembre a été publié. Une statistique essentielle pour l’ajustement des prestations de sécurité sociale. C’est pourquoi le Bureau des Statistiques du Travail (BLS) avait rappelé certains employés.

Une situation qui laisse la Fed (et l’ensemble des économistes) dans une forme de brouillard quant à l’état de l’économie américaine.

Si la réouverture du gouvernement est une bonne nouvelle à cet égard, il ne faut pas non plus s’attendre à un déluge de statistiques dans les prochains jours. Plusieurs publications seront retardées, tandis que certains rapports passeront à la trappe. Ainsi, il ne devrait pas y avoir de rapport sur l’emploi ni de rapport sur l’inflation pour le mois d’octobre, puisqu’il n’y a eu aucun travail de collecte et d’analyse des données durant cette période. C’est aussi ce qu’a laissé entendre hier la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, en conférence de presse.

D’ici à la prochaine réunion de la Fed, les 9 et 10 décembre, il ne devrait donc pas y avoir beaucoup de données supplémentaires. Nous devrions avoir uniquement le rapport sur l’emploi et l’indice d’inflation PCE pour le mois de septembre, ainsi que le PIB du troisième trimestre.

Des désaccords à trancher

Une absence de données qui ne devrait pas aider à réconcilier les points de vue, au sein d’une Fed qui, comme le rapportait le WSJ mardi, est divisée.

Les débats portent en particulier sur trois questions : Est-ce que les hausses de prix liées aux droits de douane seront temporaires (ou relanceront plus durablement l’inflation) ? Les faibles créations d’emploi reflètent-elles un problème d’offre (moins d’immigration) ou un problème de demande (les entreprises embauchent moins) ? Est-ce que la politique monétaire est restrictive ?

Des questions difficiles à trancher en l’absence de données. Et sans certitudes, l’idée d’une pause en décembre semble peu à peu gagner du terrain.

Hier c’est Susan Collins, présidente de la Fed de Boston qui a estimé qu’il y a un "seuil relativement élevé" pour une baisse de taux à court terme. Au total, ce sont 4 membres votants dont les déclarations récentes laissent à penser qu’ils sont plutôt en faveur d’une pause en décembre : Susan Collins, Alberto Musalem, Austin Goolsbee et Philip Jefferson.

On peut aussi supposer que Jeff Schmid, président de la Fed de Kansas City, qui avait déjà voté pour un statu quo en octobre, supportera une pause en décembre.

On sent donc que le vent est un peu en train de tourner. Et cela se retrouve dans les paris des investisseurs. Désormais, la probabilité d’une réduction d’un quart de points est seulement de 54%, selon l’outil Fedwatch du CME.