Au dernier jour d’un troisième trimestre particulièrement difficile pour les obligations, plusieurs questions ont émergé concernant les perspectives de taux d’intérêt, désormais très nettement orientées vers un resserrement.

Bien que les rendements des bons du Trésor aient continué de grimper mardi, le rendement des obligations à long terme ayant atteint son plus haut niveau depuis 2002, les indicateurs de confiance des consommateurs américains ont plongé ce mois-ci à leur plus bas niveau depuis 2014, tandis que les offres d’emploi en août ont également reculé davantage que prévu.

Ces publications comportaient bien sûr certaines nuances et soulevaient des questions, avec une hausse des anticipations d’inflation et des chiffres stables concernant les licenciements. Mais le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a ensuite jeté le doute sur les anticipations du marché, qui tablent largement sur un nouveau relèvement de taux de la Réserve fédérale (Fed) en octobre.

John Williams a déclaré qu’un nouveau resserrement pourrait être nécessaire d’ici à la fin de l’année, mais que la Fed pourrait avoir besoin de temps pour recueillir davantage de données avant de passer une nouvelle fois à l’action.

Le fait que les obligations n’aient pas réagi de manière significative à aucun des éléments susmentionnés, ni au recul de plus de 2 % des cours du pétrole brut hier, pourrait être un signe préoccupant concernant la dynamique du marché. Mais cela pourrait aussi s’expliquer en partie par le rééquilibrage des portefeuilles en fin de trimestre, et il faudra peut-être attendre le début du quatrième trimestre pour obtenir une image plus claire.

En l’état, la hausse spectaculaire de 82 points de base des rendements des bons du Trésor à 10 ans au T3 constitue la plus forte progression trimestrielle en quatre ans.

Mercredi seront publiés les chiffres d’août de l’inflation mesurée par l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), ainsi que les données d’ADP sur l’emploi dans le secteur privé en septembre, tandis que les valeurs technologiques suivront la publication des résultats du fabricant de puces Micron Technology plus tard dans la journée.

Le dollar, dopé par la conjoncture, sera également surveillé de près. Il s’est fortement apprécié ce mois-ci, porté par la perspective d’un resserrement de la Fed et par les déclarations de responsables de la Banque centrale européenne (BCE), qui ont commencé à évoquer une orientation de politique monétaire plus « mesurée » après une série de relèvements de taux.

Par ailleurs, les enquêtes auprès des entreprises chinoises pour septembre se sont redressées, renouant avec la croissance grâce à l’activité liée à l’intelligence artificielle (IA) et au soutien des pouvoirs publics.

Des informations ont également fait état d’évolutions préoccupantes concernant l’un des principaux modèles d’IA chinois, Moonshot, les inquiétudes en matière de sécurité étant désormais largement répandues dans l’ensemble du secteur mondial de l’IA.

Au Royaume-Uni, le discours prononcé par le Premier ministre Andy Burnham lors de la conférence annuelle de son Parti travailliste au pouvoir a laissé entendre que des changements pourraient être apportés aux politiques en matière de retraites et de protection sociale dans les années à venir — tout en laissant ouvertes toutes les options pour rétablir les relations avec l’Union européenne, y compris éventuellement jusqu’à une réintégration du bloc.

Graphique du jour

Un trimestre éprouvant pour les cours du pétrole et les marchés obligataires s’achèvera mercredi. Le relèvement des taux d’intérêt décidé ce mois-ci par la Fed a pris à contre-pied nombre d’hypothèses de longue date concernant les perspectives de la banque centrale sous la nouvelle direction de Kevin Warsh, nommé par Trump.

Ce changement dans les anticipations de taux a contribué à alimenter une hausse de plus de 80 points de base du taux d’emprunt des bons du Trésor à 10 ans au cours du trimestre — la plus forte progression trimestrielle en quatre ans. Mais, alors que les prévisions de croissance du PIB et de bénéfices des entreprises pour le T3 se sont redressées simultanément, les marchés d’actions dopés par l’IA sont parvenus à amortir la pression exercée par les obligations.

Toutefois, à l’approche de la fin du trimestre, certains éléments indiquent que la trajectoire à venir — alors que près de quatre relèvements de taux de la Fed sont intégrés dans les contrats à terme pour l’année à venir — ne sera peut-être pas à sens unique. Le président de la Fed de New York, John Williams, estime que la Fed pourrait renoncer à un nouveau relèvement le mois prochain, alors même que la confiance des consommateurs et les offres d’emploi semblent se dégrader.

Les événements à suivre aujourd’hui

o Données américaines d’août sur l’inflation PCE (8 h 30 HAE), créations d’emplois dans le secteur privé selon ADP en septembre (8 h 15 HAE), estimation définitive du PIB du T2 (8 h 30 HAE)

o La gouverneure de la Fed Lisa Cook et les présidents des antennes régionales de la Fed Thomas Barkin, Austan Goolsbee et Neel Kashkari prendront la parole

Avant de partir, consultez ma dernière chronique sur la manière dont l’envolée des dépenses de défense pourrait concurrencer le boom de l’investissement dans l’IA, et sur ce que la convergence de ces deux tendances signifie pour des marchés obligataires sous tension.

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