Le dispositif de surveillance continue du glucose G7 est accusé de fournir des mesures inexactes ayant conduit à des hospitalisations et à des décès de patients. L’élément central des allégations tient à une inspection de la FDA qui aurait révélé une modification de conception non autorisée : en décembre 2023, DexCom aurait substitué le revêtement des capteurs G7 par une formulation interne, sans autorisation réglementaire, alors que les propres tests de l’entreprise la jugeaient inférieure sur chaque métrique de précision. Malgré cela, le produit aurait été commercialisé. 

Hunterbrook documente des cas patients, dont le décès de Billy Sosbe en juin dernier, une fillette de six ans transportée en urgence après des écarts massifs de lecture, ou encore un conducteur évanoui faute d’alerte d’hypoglycémie. Les réclamations auraient nourri un groupe Facebook de près de 60 000 membres en un peu plus d’un an. Certains endocrinologues rapportent des inexactitudes disproportionnées, des pannes répétées et des problèmes d’adhésif et de connectivité. La promesse marketing du “CGM le plus précis” semble aujourd’hui bien loin d'être honorée. 

Le contexte concurrentiel durcit la donne. Abbott revendique une meilleure précision avec son produit Libre 3 et prépare une génération qui combine glucose et cétones (les molécules produites par le foie quand l’organisme manque de glucose disponible). Hunterbrook écrit que des patients repartent vers le G6 ou basculent chez les concurrents, tandis que le marché se complexifie avec les traitements GLP-1 (Novo Nordisk, Eli Lilly) qui sont susceptibles de freiner la progression du diabète de type 2. Il y aussi le projet de mise en concurrence des CGM par le programme d’assurance santé Medicare et le faux départ de Stelo (le CGM OTC de DexCom) entaché par des plaintes d’utilisateurs. 

Dans le rapport, la gouvernance n’est pas épargnée. Il souligne un exode managérial (vice-président des opérations mondiales, directeur des activités commerciales, direction ingénierie) et le départ inattendu du PDG, Kevin Sayer, aux commandes depuis 2015 alors qu’il devait rester jusqu’à fin 2025. Le nouveau CEO est présenté comme le gendre d’un ancien PDG. 

Sur le plan financier, Hunterbrook épingle des “tactiques agressives” ayant permis de dépasser le consensus au deuxième trimestre alors que les indicateurs sont dégradés avec par exemple un délai moyen de recouvrement qui dépasse les 100 jours (106 jours au dernier trimestre cité contre une fourchette normale de 30-90). La marge brute serait descendue à 59,5% au T2, ce qui ferait 15 trimestres consécutifs de recul annuel. 

Hunterbrook Capital (la partie fonds d’investissement du groupe) déclare être vendeur à découvert de Dexcom. Le titre est retombé sur ses niveaux d’avril dernier.