Mais depuis le début de l'année, le dossier est redevenu furieusement tendance. L'opérateur télécom progresse de 38% sur les sept premiers mois de 2025. A titre de comparaison, LVMH chute dans le même temps de 24%. Pourquoi comparer les deux sociétés ? Parce qu'elles appartenaient jusqu'à une date récente à deux mondes différents : la valeur poussiéreuse pour l'une, le titre bling bling inarrêtable pour l'autre. Et aussi parce qu'à un moment de la journée, les deux actions ont affiché exactement la même performance sur 5 ans : +26%. C'est ce qui apparaît dans le graphique ci-dessous, qui illustre bien le parcours heurté de LVMH sur la période, pendant qu'Orange était plutôt placide.

Orange et LVMH

Mais attention, le graphique précédent n'intègre pas les dividendes. A ce petit jeu, Orange est nettement plus généreux que LVMH. Le rendement du coupon servi par l'opérateur a dépassé 7% sur la période 2020/2024. Le groupe de luxe tournait plutôt autour de 1 à 2%. En les réintégrant, voici à quoi ressemblent les graphiques de performance sur 5 ans : 

Orange LVMH dividendes

Pour résumer, voici un tableau récapitulatif des performances des deux titres sur 10 ans et 5 ans. On constate que détenir du Orange en portefeuille depuis juillet 2020 est plus rémunérateur que de posséder du LVMH : 13,9% de rendement brut annuel moyen. Mieux qu'une obligation ! 

Orange MC

(Zonebourse avec S&P Capital IQ & Bloomberg)

En matière de fondamentaux, les gains récents d'Orange lui ont permis de combler une partie de sa décote sur d'autres acteurs comme Telefonica, mais le dossier reste plutôt abordable, surtout en prenant en considération la pérennité du dividende et un endettement plus faible que ses pairs, qui soutient ledit dividende. La publication des résultats du second trimestre, le 29 juillet, a été bien accueillie par le marché, à juste titre : non seulement les marchés de développement affichent une belle dynamique (Afrique, Moyen-Orient et même Espagne), mais encore l'opérateur a-t-il amélioré ses marges en France, un marché toujours aussi difficile. A ce propos, une partie des derniers entrants sur la valeur joue clairement la réduction du nombre d'opérateurs de quatre à trois en France à un horizon assez proche.